Afrique

Coronavirus : mort d'Aurlus Mabélé, roi du soukouss

Aurlus Mabélé sur la couverture de son dernier album paru en 2004 " <em>Ça va se savoir ?".</em>
Aurlus Mabélé sur la couverture de son dernier album paru en 2004 " Ça va se savoir ?".

Aurlus Mabélé, le roi du soukouss, ce mélange détonnant de rythmes africains et caribéens avec des mélodies pop et soul, est mort à Paris, jeudi 19 mars, des suites du Covid-19. Il avait 67 ans.

Le chanteur Aurlus Mabélé, une figure du soukouss, est décédé le 19 mars dernier à Paris à l'âge de 67 ans.  Sa fille, la rappeuse Liza Monet, l'a annoncé sur les réseaux sociaux.

"Mon papa est mort ce matin du coronavirus, merci d'honorer sa mémoire. C’est une grande légende du soukouss que le peuple congolais perd aujourd’hui."

De son vrai nom Aurélien Miatsonama, Aurlus Mabélé était né à Brazzaville, au Congo, le 24 octobre 1953. Il laisse, en plus de sa fille Liza Monnet (née Alexandra Marie) douze autres enfants.

Sa mort a provoqué des milliers de réactions dans le monde de la musique. Son ami et collaborateur, Mav Cacharel, souhaitait sur Facebook "que la paix et la protection du Seigneur demeurent en nous".

Aurlus Mabélé a à peine 20 ans quand il fonde le groupe Les Ndimbola Lokole. La formation devient vite populaire dans les années 1970 et 1980 avec des titres électrisants et des performances scéniques aux chorégraphies spectaculaires.

Il invente ce qu'on apellera le soukouss (du français «secouer»).  Le soukouss est une variante de la rumba congolaise des années 50 et 60, plus rapide, avec l'apport de sons sortis de synthétiseurs et boîtes à rythmes.  « Waka Waka » et « Zebola » rendent le groupe célèbre.


Au début des années 80, une fois installé en France, il fonde avec le guitariste Diblo Dibala, le groupe « Loketo » - les hanches en lingala, la langue bantoue parlée en République démocratique du Congo et en République du Congo.

Dans les années 1990, il apportera une touche antillaise à sa musique, ce qui lui vaudra de connaître un certain succès aux Antilles, à l'instar d'un autre groupe congolais plus ancien, Les Bantous de la Capitale. 

Avant de se séparer, le groupe Loketo a enregistré des chansons très dansantes comme « Extra Ball », « Douce Isabelle » et « Choc à distance » vendant des millions de disques dans le monde. Le groupe s'est produit en Afrique, en Europe, aux Caraïbes et aux Etats-Unis.

Le musicien était de santé fragile depuis une quinzaine d'années, et avait déjà été victime d'un accident cardio-vasculaire. Son dernier album, «  Ça va se savoir », datait de 2004.