Afrique

Côte d'Ivoire : de la chute de Gbagbo au retour au pays, les événements clés à retenir

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale Internationale, le 19/02/2013 à La Haye (Pays-Bas).<br />
<br />
 
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale Internationale, le 19/02/2013 à La Haye (Pays-Bas).

 
AP Photo/Michael Kooren.

Laurent Gbagbo rentre à Abidjan ce jeudi 17 juin, après dix ans d'absence. L'ancien président ivoirien a été définitivement acquitté de crimes contre l'humanité par la justice internationale. Retour sur les grandes dates clés en Côte d'Ivoire depuis la crise post-électorale de 2010-2011 jusqu'à son retour au pays.

 

  • 2010, la Côte d'Ivoire a deux présidents

Le 19 septembre 2002, une rébellion armée tente de renverser le régime Gbagbo, avant de s'emparer du nord du pays. La Côte d'Ivoire est coupée en deux entre un Nord rebelle et un Sud loyaliste.

Malgré la fin de son mandat en 2005, M. Gbagbo se maintient au pouvoir. L'élection présidentielle est reportée six fois, jusqu'en 2010.

Le 3 décembre 2010, le pays se retrouve avec deux présidents: le Conseil constitutionnel a proclamé la victoire du président sortant Laurent Gbagbo et la commission électorale celle de son rival Alassane Ouattara, reconnu par l'ONU.

Le lendemain, Laurent Gbagbo, qui refuse de reconnaître sa défaite, est investi chef de l'Etat et son rival prête serment "en qualité de président".

Pendant que M. Gbagbo s'installe au palais présidentiel, les partisans de M. Ouattara et des membres de son gouvernement se retranchent dans l'hôtel du Golf à Abidjan, soumis à un blocus.

  • 2011, arrestation de Laurent Gbagbo 

Le 28 mars 2011, après quatre mois de tensions, violences et médiations infructueuses, les Forces républicaines pro-Ouattara (FRCI, anciens rebelles qui contrôlaient le nord du pays) lancent une offensive, prenant en quatre jours le contrôle de quasiment tout le pays.

Le 11 avril, Laurent Gbagbo est arrêté par les FRCI, après une bataille de dix jours dans la capitale et plusieurs jours de bombardements par la force française Licorne et l'ONU.

Plus de 3.000 personnes sont tuées lors de cette crise.

Le 21 mai, Alassane Ouattara est investi. Il sera réélu en 2015.

  • 2016, procès de Laurent Gbagbo devant la CPI

Le 30 novembre 2011, Laurent Gbagbo est incarcéré au centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, rejoint le 22 mars 2014 par l'un de ses proches, Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des "Jeunes patriotes".

Leur procès débute en janvier 2016. M. Gbagbo est le premier ex-chef d'Etat poursuivi par la CPI. 

Ils sont visés par quatre chefs d'accusation de crimes contre l'humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Ils plaident non coupable.

  • 2018, Simone Gbagbo est libérée

A Abidjan, l'épouse de Laurent Gbagbo, Simone, contre laquelle la CPI a également émis un mandat d'arrêt en 2012, est condamnée en mars 2015 à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'Etat.

Accusée de "crime contre l'humanité", "crime contre les prisonniers de guerre" et "crimes contre les populations civiles", elle est acquittée le 28 mars 2017 lors d'un nouveau procès, une décision cassée par la Cour suprême.

Elle est libérée en août 2018, après une amnistie présidentielle pour favoriser la réconciliation nationale.

  • 2019, Laurent Gbagbo acquitté par la CPI, mais condamné en Côte d'Ivoire

Le 15 janvier 2019, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont acquittés par la CPI.

En février, ils sont libérés sous conditions, avant un éventuel procès en appel.

A re(voir) : Interview exclusive de Laurent Gbagbo à TV5MONDE

Chargement du lecteur...

En novembre, la justice ivoirienne condamne en appel par contumace M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

Charles Blé Goudé est condamné le mois suivant à vingt ans de prison pour des crimes commis pendant cette crise.

  • 2020, troisième mandat contesté d'Alassane Ouattara

En mai 2020, la CPI autorise sous conditions Laurent Gbagbo à quitter la Belgique, où il est assigné à résidence depuis son acquittement.

Le 14 septembre, le Conseil constitutionnel ivoirien rejette une quarantaine de candidatures à la présidentielle d'octobre, dont celle de Laurent Gbagbo. Le scrutin est remporté par Alassane Ouattara, dont la candidature controversée à un troisième mandat entraîne des violences faisant près de cent morts.

A re(lire) :

Côte d'Ivoire : lors de son discours d'investiture le président Ouattara invite l'opposition au "dialogue"

  • 2021, retour sur la scène politique

En mars 2021, les législatives sont marquées par le grand retour dans le jeu électoral du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, qui boycottait tous les scrutins depuis son arrestation.

Le parti au pouvoir remporte les législatives, mais perd la majorité qualifiée.

A re(lire) : 
Législatives en Côte d'Ivoire : quelles principales forces en présence ?

Le 31 mars 2021, la CPI confirme définitivement les acquittements de MM. Gbagbo et Blé Goudé et lève les restrictions à leur libération.

Le 7 avril, le président Ouattara donne son feu vert au retour de son ex-rival en Côte d'Ivoire.

Le 17 juin, Laurent Gbagbo est attendu à Abidjan après dix ans d'absence.

A re(lire) :

Côte d'Ivoire : feu vert du président Ouattara pour le retour de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé

Retour de Gbagbo en Côte d'Ivoire : "Avec Ouattara et Konan Bédié, le trio politique va se reformer"

Côte d'Ivoire : la réconciliation nationale est-elle enfin sur le point d'aboutir ?