Afrique

Côte d'Ivoire: faible affluence pour les municipales, un mort et des incidents en province

Une femme vote en Côte d'Ivoire dans la ville de Katiola, le 13 octobre 2018
Une femme vote en Côte d'Ivoire dans la ville de Katiola, le 13 octobre 2018
afp.com - ISSOUF SANOGO
Dépouillement des votes en Côte d'Ivoire dans un bureau de vote de Bouake, le 13 octobre 2018
Dépouillement des votes en Côte d'Ivoire dans un bureau de vote de Bouake, le 13 octobre 2018
afp.com - ISSOUF SANOGO
Un bureau de vote en Côte d'Ivoire, dans un village proche de la ville de Katiola, le 13 octobre 2018
Un bureau de vote en Côte d'Ivoire, dans un village proche de la ville de Katiola, le 13 octobre 2018
afp.com - ISSOUF SANOGO
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Les élections municipales et régionales n'ont pas attiré les foules samedi dans les bureaux de vote en Côte d'Ivoire, lors d'une journée qui a été marquée par plusieurs incidents en province, avec notamment la mort d'une personne dans le centre-sud.

Le dépouillement était en cours samedi soir mais les résultats officiels ne commenceront à être proclamés que dimanche, a annoncé la Commission électorale indépendante (CEI)

Plus de six millions d'Ivoiriens étaient appelés à voter à ces élections locales, dont le principal enjeu est de mesurer les forces en présence avant la présidentielle de 2020, notamment parmi les membres de l'ex-coalition au pouvoir qui a éclaté.

Quelques personnalités ont annoncé leur victoire ou leur défaite sur les réseaux sociaux, sans qu'il soit possible de vérifier leurs dires dans l'immédiat.

Ainsi, le maire de Fresco (sud), Alain Lobognon, un proche de Guillaume Soro, l'ancien chef de la rébellion et président de l'Assemblée nationale a "salué l'expression du jeu démocratique"sur son compte twitter, reconnaissant : "Les urnes ont parlé. J’ai finalement perdu la bataille."

De son côté, le parti Lider de l'opposant Mamadou Coulibaly a lui annoncé la victoire à Azaguié (50 km au Nord d'Abidjan) de l'ancien président de l'Assemblée nationale sur sa page Facebook.

L'ancien international ivoirien de football, Bonaventure Kalou, ancien du Paris SG, Auxerre et Feyenoord, qui faisait son entrée en politique comme indépendant, a lui assuré à l'AFP avoir remporté le scrutin à Vavoua (Centre-ouest).

Un important dispositif de sécurité a été déployé dans le pays avec près de 30.000 membres des forces de l'ordre sur le terrain. Policiers et gendarmes étaient notamment très présents à Abidjan.

Une personne a toutefois été tuée d'un coup de couteau lors d'affrontements entre partisans de candidats à la mairie de Lakota (sud), a constaté un correspondant de l'AFP à l'hôpital local. Des échauffourées et empoignades ont eu lieu dans plusieurs bureaux de la localité, où la campagne s'est déroulée dans un climat tendu.

Par ailleurs, l'agence indépendante Alerte-Info a fait état de deux blessés à Divo (50 km de Lakota) lors d’échauffourées entre partisans d'un candidat indépendant et ceux du RHDP.

D'autres incidents, lors desquels deux urnes ont été brisées, ont aussi eu lieu à Bonoua (60 km à l'est d'Abidjan), selon des témoignages concordants.

Une personne avait été tuée pendant la campagne lors d'"un affrontement entre les partisans de deux candidats" à Bediala (ouest).

Dans le Nord, des électeurs n’ont pas pu voter à cause de la défaillance du système électronique d’identification. Le "taux de participation est faible", ont confié plusieurs présidents de bureaux de vote, joints par téléphone, à Korhogo, Ferkessedougou, Boundiali, Odienné, Minignan.

- Duels médiatiques à Abidjan -

A Abidjan, le taux de participation s'annonçait également faible, excédant rarement 20% dans les bureaux de vote visités par l'AFP.

Sur le plan politique, le scrutin était surtout un bras de fer entre le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition du président Alassane Ouattara, et son ancien allié le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié, qui a quitté l'alliance deux mois avant le scrutin.

Un des affrontements les plus médiatiques se déroulait au quartier des affaires du Plateau d'Abidjan où le candidat RHDP, Fabrice Sawegnon, qui a géré les campagnes de nombreux chefs d'Etat africains, affrontait le député PDCI Jacques Gabriel Ehouo.

Omniprésent lors de la campagne, M. Sawegnon bénéficiait de la machine électorale du RHDP. Dimanche, son parti avait organisé des transports d'électeurs et les payait 5000 francs CFA (7,5 euros) selon un système très organisé avec affrètement de minibus et plateforme d'orientation vers les bureaux. Après avoir voté, les électeurs devaient se rendre à la bibliothèque du Plateau, présenter un bracelet et montrer leur doigt imbibé d'encre pour toucher la somme, a constaté un journaliste de l'AFP. "Les gens sont libres. On ne voulait pas que ça leur coûte", a affirmé sous couvert de l'anonymat un membre de l'organisation, refusant d'y voir un achat de voix.

Le PDCI a aussi procédé des transports d'électeurs, ont rapporté des témoins.

Après les premiers dépouillements, M. Sawegnon était en retard derrière M. Ehouo dans les bureaux visités par l'AFP. Il était toutefois encore impossible d'avoir une tendance définitive.

Dans un autre affrontement très médiatique, à Abobo, grande commune populaire d'Abidjan comptant deux millions d'habitants, le ministre de la Défense Hamed Bakayoko faisait la course en tête, selon les premiers dépouillements, notamment au bureau des Cours sociaux.

Le ministre parachuté dans la plus grande commune du pays affrontait Tehfour Koné, un indépendant, soutenu par Guillaume Soro.