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Côte d’Ivoire : le retour "en pleine forme" du premier ministre Patrick Achi procure un soulagement

Le Premier ministre Patrick Achi avec la conseillère à la Maison Blanche Ivanka Trump à Adzope, Côte d'Ivoire, le 17 avril 2019
Le Premier ministre Patrick Achi avec la conseillère à la Maison Blanche Ivanka Trump à Adzope, Côte d'Ivoire, le 17 avril 2019
© AP Photo/Jacquelyn Martin

Le premier ministre ivoirien Patrick Achi, 65 ans, est de retour en Côte d'Ivoire après avoir été soigné 4 jours en France. À la télévision publique ivoirienne, il a déclaré être "en pleine forme". Son séjour en France avait éveillé des craintes parfois teintées de superstition. En effet, les deux précédents chefs du gouvernement ivoirien sont décédés après une hospitalisation dans l'Hexagone. 

Patrick Achi a été accueilli en héros par une délégation de plusieurs ministres à l'aéroport d'Abidjan vendredi 14 mai au soir.

"Je me sens bien. Je suis revenu en pleine forme pour reprendre le travail" a déclaré M. Achi à la Radio-télévision ivoirienne (RTI) à son arrivée sur le tarmac de l'aéroport d'Abidjan.

Il a remercié le président et le gouvernement pour leurs attentions ainsi que les Ivoiriens pour leurs prières.

Capture d'écran du compte Twitter de Patrick Achi
Capture d'écran du compte Twitter de Patrick Achi

M. Achi s'était rendu en France par un vol spécial dans la nuit de lundi à mardi 11 mai à la suite de saignements intestinaux, selon une source ayant requis l'anonymat. Les autorités ivoiriennes n'ont pas communiqué jusqu'à présent sur le sujet ni répondu aux sollicitations de l'Agence France Presse.

M. Achi est le troisième premier ministre que connaît la Côte d'Ivoire en un an, après les décès subits des deux précédents. 

Le 10 mars 2021, en effet, Hamed Bakayoko décède brutalement. Le premier ministre est mort d’un cancer foudroyant, diagnostiqué en quelques quelques semaines à peine, sur un lit d’hôpital allemand, après avoir été d’abord hospitalisé à la mi-février à Paris puis transféré dans un état grave vers Freibourg, dans la Forêt-Noire, pour y suivre, selon des sources gouvernementales, un traitement expérimental.

(RE)lire : Côte d'Ivoire : le Premier ministre Hamed Bakayoko est décédé

Ce décès n’est pas le premier de ce qui apparaît comme une "triste loi des séries" selon la presse ivoirienne. Il y a dix mois, en juillet dernier, le prédécesseur d’Hamed Bakayoko, Amadou Gon Coulibaly mourait brutalement d’un malaise en plein conseil des ministres, alors "qu’une semaine plus tôt il rentrait de Paris où il était allé tenter de soigner des problèmes cardiaques". 

Coulibaly était à l’époque le dauphin désigné d’Alassane Ouattara pour lui succéder à la présidence après ce troisième mandat pour lequel il vient d’être réélu à l'automne alors que la Constitution autorise deux mandats présidentiels. Et après sa mort c’est bien Bakayoko qui semblait le mieux placé pour prendre la relève.

(RE)voir : Côte d'Ivoire : Amadou Gon Coulibaly, le dauphin foudroyé à quatre mois de la présidentielle

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Ou serait-ce une malédiction, comme le dit le quotidien sur internet ivoirien, Wakat Sera, en évoquant le décès de Hamed Bakayolo : "le premier ministère en Côte d’Ivoire, ce fauteuil qui fait des malades, ou devrions nous dire qui fait des morts?"

Proche du président Alassane Ouattara, Patrick Achi a été nommé le 26 mars chef du gouvernement, succédant à Hamed Bakayoko, mort deux semaines plus tôt, à 56 ans, des suites d'un cancer. Ce dernier avait lui-même succédé en juillet 2020 au premier ministre Amadou Gon Coulibaly, mort à 61 ans des suites de problèmes cardiaques.

A la tête de son gouvernement nommé le 6 avril, M. Achi a la difficile mission de poursuivre la politique de réconciliation nationale dans un pays à l'histoire récente marquée par les violences politiques, à l'issue des élections législatives du 6 mars largement remportées par le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir). 

Ces élections se sont déroulées dans le calme et avec la participation de tous les partis de l'opposition, contrairement à la présidentielle du 31 octobre 2020 boycottée par l'opposition et marquée par des violences ayant fait une centaine de morts, qui a abouti à la réélection d'Alassane Ouattara pour un troisième mandat controversé.