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Côte d'Ivoire : le ministre de la Réconciliation veut "négocier" le retour de Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo lors de son procès à la Cour pénale internationale de La Haye le 6 février 2020.
Laurent Gbagbo lors de son procès à la Cour pénale internationale de La Haye le 6 février 2020.
© Jerry Lampen/Pool photo via AP

Le ministre ivoirien de la Réconciliation nationale, Kouadio Konan Bertin, annonce ce 18 février sa prochaine rencontre à Bruxelles avec Laurent Gbagbo afin de discuter des modalités de son retour en Côte d'Ivoire.

Dans un entretien accordé ce jeudi à l’Agence France Presse, M. Konan Bertin a annoncé son prochain départ pour Accra afin d’y rencontrer des exilés ivoiriens et de là, a-t-il rajouté, "je vais à Bruxelles rencontrer Laurent Gbagbo".  Il n'a pas précisé la date de la rencontre mais "le principe en est acquis", avec l'accord du président Alassane Ouattara "c'est en son nom que j'agis".

Le ministre a qualifié l’ancien président "d'acteur majeur" de la vie politique ivoirienne dont "l'avis doit être pris en compte". Il a estimé qu'un retour doit être "négocié (...) pour consolider la paix sociale".

M. Konan Bertin a également prévu de rencontrer à La Haye un très proche de M. Gbagbo, Charles Blé Goudé, acquitté de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI), qui attend aussi de pouvoir rentrer dans son pays.

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La semaine dernière, le parti de Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), s'est inquiété du retard pris dans un retour que l'ex-chef de l'Etat avait espéré en décembre dernier après l'obtention de deux passeports, un ordinaire et un diplomatique.

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Le FPI, qui va mettre en place le 24 février "un Comité national d’accueil", a appelé le gouvernement "à réunir, dans un délai convenable, les conditions du retour effectif en Côte d’Ivoire du président Laurent Gbagbo".

Le retour de M. Gbagbo est un des points en discussion entre le pouvoir et l'opposition qui ne reconnaît pas la réélection fin octobre 2020 du président Alassane Ouattara, estimant son troisième mandat inconstitutionnel. 

Toutefois, le chef de l'Etat a déjà assuré à plusieurs reprises qu'il était favorable à un retour de Laurent Gbagbo.

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M. Gbagbo, qui a dirigé la Côte d'Ivoire de 2000 à 2010, n'avait déjà pas reconnu la victoire de Ouattara à la présidentielle de décembre 2010.

Arrêté en avril 2011 après une violente crise post-électorale ayant fait quelque 3.000 morts, il avait été transféré à la CPI de La Haye pour y être jugé pour crimes contre l'humanité.

Acquitté en janvier 2019, il vit depuis à Bruxelles dans l'attente de la décision des juges sur la demande d'un procès en appel formulé par la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, à propos de l'acquittement de Laurent Gabgbo et de Charles Blé Goudé.

La CPI a refusé une demande de liberté sans condition, mais a autorisé Gbagbo à quitter la Belgique si le pays où il souhaite se rendre accepte de le recevoir.