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Côte d'Ivoire : le parti de Laurent Gbagbo juge la grâce accordée par Alassane Ouattara insuffisante

L'ancien président de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo, prononce un discours au palais présidentiel d'Abdidjan en présence du président Alassane Ouattara le 27 juillet 2021.
L'ancien président de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo, prononce un discours au palais présidentiel d'Abdidjan en présence du président Alassane Ouattara le 27 juillet 2021.
© AP Photo/ Diomande Ble Blonde

La semaine dernière, le président ivoirien Alassane Ouattara a gracié son prédécesseur, Laurent Gbagbo. Cependant, le parti de ce dernier juge la grâce accordée insuffisante. Laurent Gbagbo est visé par une condamnation de 20 ans de prison en Côte d'Ivoire.

Cette grâce annoncée samedi 6 août "ne correspond pas aux attentes légitimes de nos compatriotes", estime le Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI), créé l'an dernier par l’ancien président de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo. La semaine dernière, Laurent Gbagbo, visé par une condamnation de 20 ans de prison, a été grâcié par le président Alassane Ouattara.

(RE)voir : Côte d'Ivoire : grâce présidentielle pour Laurent Gbagbo
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Laurent Gbagbo se déclare en faveur d'une "loi d'amnistie" qui efface la peine, contrairement à la grâce présidentielle, selon une déclaration lue à la presse par Justin Koné Katinan, porte-parole du parti. Il a rappelé que cette loi d'amnistie, devant concerner également "les prisonniers civils et militaires" de la crise post-électorale sanglante de 2010-2011, avait été préconisée par le dialogue politique initié par le gouvernement ivoirien en vue de la réconciliation nationale. Laurent Gbagbo a été acquitté en mars 2021 de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI).

Lire : Cour pénale internationale : Laurent Gbagbo acquitté

Cet acquittement a permis son retour en Côte d'Ivoire peu après, mais Laurent Gbagbo reste toujours sous le coup d'une condamnation à 20 ans de prison dans son pays pour "le braquage" de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant la crise de 2010-2011.

Une condamnation qui "ne repose sur aucun fait réel"


Selon le PPA-CI, cette condamnation "ne repose sur aucun fait réel". Il souligne que la BCEAO "n'a jamais porté plainte pour braquage et ne s'est pas constituée partie civile dans le procès qui a conduit à la condamnation" de Laurent Gbagbo. Le PPA-CI se félicite en revanche de l'annonce par le président Ouattara du dégel des comptes de Laurent Gbagbo et du paiement de ses arriérés de rentes viagères, ainsi que de la libération conditionnelle de deux anciennes figures de l'appareil militaire et sécuritaire de son régime, condamnées pour leur rôle dans la crise de 2010-2011.

Lire : Retour de Laurent Gbagbo : "Nous ne comprenons pas que son retour soit traité comme un événement en Côte d’Ivoire !"

La crise était née du refus de l’ancient président Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à la présidentielle de fin 2010. Ce refus avait entraîné des violences ayant fait quelque 3.000 morts jusqu'à son arrestation à Abidjan en avril 2011. Selon son parti, Laurent Gbagbo estime qu'"il est temps de fermer la parenthèse" de cette crise, "en suivant la voie ouverte par la Cour pénale internationale" qui l'a acquitté.

Le président Ouattara avait annoncé la grâce accordée à Laurent Gbagbo dans un discours prononcé samedi à l'occasion de la fête de l'indépendance, "dans le souci de renforcer la cohésion sociale".