Afrique

Côte d'Ivoire : les 49 soldats rentrés du Mali décorés de l'Ordre national ivoirien

852 militaires déployés dans le cadre de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) ont été faits chevaliers de l’Ordre national ivoirien. Parmi eux les 49 soldats qui avaient été détenus au Mali.
852 militaires déployés dans le cadre de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) ont été faits chevaliers de l’Ordre national ivoirien. Parmi eux les 49 soldats qui avaient été détenus au Mali.
© capture d'écran TV5 MONDE

Les 49 soldats ivoiriens arrêtés en juillet au Mali et graciés en janvier ont été décorés ce 24 janvier par le chef d'état-major de l'armée ivoirienne. La Côte d'Ivoire a toujours soutenu qu'ils étaient en mission pour l'ONU. Le gouvernement ivoirien a annoncé en novembre le retrait progressif de ses troupes au sein de la Minusma d'ici août 2023.

Rentrés et accueillis comme des héros le 8 janvier, les 49 soldats ivoiriens incarcérés depuis le 10 juillet au Mali font partie des 850 hommes de l’armée ivoirienne qui ont été décorés par l’État ivoirien.

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En tout, 852 militaires - 850 soldats et deux gendarmes - déployés dans le cadre de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) ont été faits chevaliers de l'Ordre national ivoirien lors d'une cérémonie "particulière et chargée de symbole", selon le chef d'état-major, Lassina Doumbia.
 
"Cette présence a contribué à garantir la sécurité de nos frontières" a-t-il poursuivi, déplorant toutefois "un épisode malencontreux", en référence à l'arrestation des 49 soldats.
 
La Côte d'Ivoire "mettra toujours tout en œuvre pour leur garantir protection et sécurité, surtout lorsqu'aucun acte délictueux n'a été commis", a-t-il martelé.
 
Arrêtés le 10 juillet à Bamako, ces soldats étaient accusés par le Mali d'être des "mercenaires".
 
Ils avaient été condamnés le 30 décembre à 20 ans de réclusion criminelle par un tribunal de Bamako. Trois femmes soldats, libérées en septembre avaient été condamnées à la peine de mort par contumace.

Tous avaient été déclarés coupables d'"attentat et complot contre le gouvernement", "atteinte à la sûreté extérieure de l'État", "détention, port et transport d'armes et de munitions de guerre (...) ayant pour but de troubler l'ordre public par l'intimidation ou la terreur".

De son côté, la CEDEAO a décidé de ne pas sanctionner le gouvernement malien.

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La Côte d'Ivoire a toujours affirmé qu'ils étaient en mission pour l'ONU, dans le cadre d'opérations de soutien logistique à la Minusma. En novembre, elle a annoncé le retrait progressif de ses troupes au sein de la Minusma d'ici août 2023.
 
870 soldats ivoiriens sont actuellement déployés dans ce cadre, 650 à Tombouctou (nord-ouest) et 220 à Mopti (centre), selon un responsable de la communication de l'armée ivoirienne.
 
Après des mois de tensions croissantes entre la Côte d'Ivoire et le Mali, en particulier au moment de l'arrestation des soldats, le président ivoirien Alassane Ouattara a déclaré le jour de leur retour "maintenant que cette crise est derrière nous, nous pourrons reprendre des relations normales avec le pays frère qu'est le Mali, qui a besoin de nous et dont nous avons besoin également".

Après avoir poussé vers la sortie l'ancien allié français, qui a achevé son retrait du Mali en août 2022, les colonels au pouvoir à Bamako s'en sont pris plusieurs fois oralement à la Minusma, déployée depuis 2013, dont le mandat a encore été renouvelé en juin pour un an.