Afrique

RCA : début du deuil national après les violences du 1er mai

Chargement du lecteur...
© TV5MONDE / P. Pabandji / T. Nzam / L. De Matos / V. Perez

Après l'attaque d'une église, puis d'une mosquée mardi 1er mai à Bangui en République centrafricaine, le bilan s'est alourdi : au moins 24 personnes sont mortes et 170 blessées. Un deuil national a été décrété du 3 au 5 mai. 

dans
L'hôpital communautaire de Bangui est celui qui a accueilli le plus grand nombre des victimes, des violences du 1er mai.
70 blessés, dont une dizaine par balles et dans un état grave. Parmi eux, beaucoup de chrétiens, de l'église de Fatima, que l'archévèque de Bangui Dieudonné Nzapalainga est venu bénir et réconforter : "Mon role je suis un homme de Dieu, c'est de prier, prier avec mes frères pour que la paix du coeur gagne, vous voyez quand on est en paix à l'intérieur, on recoit les médicaments on peut déjà être en voie de guérison. Mais quand on est perturbé, on peut prendre les médicaments, on peux avoir d'autres maladies. Nous espérons que nos frères et sœurs retrouveront la santé et reviendront prier avec nous."

Dans cet hôpital, des Casques bleus filtrent nuit et jour l'entrée de cette petite salle où sont confinés les seuls patients musulmans.

Car mardi, des affrontements ont eu lieu sur place.  Des proches des victimes de l'église de Fatima, ont fait le tour des chambres de l'hopitalA la recherche de musulmans, pour se venger. Ils en ont tué certains, en guise de représailles, comme à la mosquée du quartier de Lakouanga.
 
C'était mardi aux environs de 13h, après ce qui s'était passé à Fatima. Les jeunes d'autres quartiers sont venus attaquer notre mosquée ici à Lakouanga. On était là on a fait le nécessaire. On a vu un groupe de jeunes qui sont venus à moto pour nous attaquer.
 Oumar Fokou, voisin de la mosquée

Une poignée de musulmans vivent encore dans ce quartier, la peur au ventre

Même chez moi ils ont tout saccagé, ils ont tout pillé. Finalement on ne sait pas ce qu'il se passe. Ca a troublé mon état de santé. On ne sait pas ce qui va arriver demain ou après demain. On est entre les mains du bon Dieu.
Aissatou Nimaga, Fille de l 'imam de la mosquée

La mosquée de Lakouanga est le seul lieu de culte musulman, en dehors du quartier du PK5. Elle a été attaquée à plusieurs reprises, détruite puis reconstruite.
Un chrétien du quartier, a pris en charge les travaux, cherché des fonds pour qu'il y ait toujours une mosquée à Lakouanga . Il dit ne pas se décourager.