Afrique

Début du ramadan: comment les musulmans s'adaptent face au Covid-19

Prière avec distanciation sociale à la mosquée Istiqlal de Jakarta en Indonésie. Le 12 avril 2021.
Prière avec distanciation sociale à la mosquée Istiqlal de Jakarta en Indonésie. Le 12 avril 2021.
Achmad Ibrahim/AP

Le mois de ramadan débute ce mardi 13 avril en France et dans la plupart des pays à forte population musulmane. Comme l’année dernière, le jeûne a lieu dans un contexte particulier lié à la pandémie du Covid-19. Les musulmans du monde n’ont pas tous les mêmes préoccupations, mais doivent tous s’adapter entre couvre-feux, restrictions, et protocoles sanitaires. Petit tour d’horizon…

L’année dernière, beaucoup de pays, surpris par la progression de l’épidémie, avaient  choisi de fermer les mosquées. En Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe, les prières seront autorisées dans certaines mosquées et diffusées en direct à la télévision.

Au Liban, ceux qui veulent se rendre dans les mosquées, qui ne pourront accueillir que 30% de personnes par rapport à leur capacité, doivent s’inscrire sur une plateforme.

En Algérie, une distanciation sociale de 1,5 mètre est recommandée entre deux fidèles dans la mosquée. A cause du confinement et de la fermeture des lieux de culte à 19h (17h GMT), il n'y aura pas de prières nocturnes à la mosquée en France qui compte entre cinq et six millions de musulmans. Les prières en journée dans le respect des protocoles sanitaires sont toutefois autorisées.

Le passeport vaccinal pour la Mecque


L'Arabie saoudite, qui abrite les deux plus importants lieux saints de l'islam, avait suspendu en mars 2020, en raison de la pandémie, la «omra», le petit pèlerinage qui commence à partir du début du ramadan. Cette année, les autorités sanitaires saoudiennes ont annoncé que seules les personnes vaccinées contre le Covid-19 seraient autorisées à effectuer la omra.


Concernant les vaccins, en France, le Conseil français du culte musulman (CFCM) et la Mosquée de Paris ont prévenu les fidèles, qui pourraient s'interroger sur le caractère licite de la vaccination, que celle-ci n'était pas considérée comme «nutritive», donc «n'invalide pas le jeûne».
 

Le difficile maintien du lien social

Le mois de ramadan est synonyme de solidarité, d’entraide. Avant la pandémie, les distributions de repas, d’organisations de l’« iftar » (rupture du jeûne) étaient des moments de rassemblements. Ce qui n’est plus possible désormais. En Turquie, une solution a été trouvée pour faire face à cette situation. Les maires, qui organisaient traditionnellement les « iftar », vont  en effet distribuer des repas aux jeûneurs aux abords des hôpitaux ou d’autres lieux publics.

Il y a un an, notre éditorialiste, Slimane Zeghidour se désolait d'un mois ramadan sans prières publiques, ni agapes familiales ni réjouissances populaires.

Revoir : ramadan et coronavirus : le jeûne et la gêne [L'œil de Slimane]

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Au Canada, les communautés musulmanes ont également trouvé la parade pour continuer à distribuer des repas pendant le ramadan. A Drummondville (Québec), «environ 100 repas seront cuisinés pour chaque journée», par la communauté musulmane. Ceux qui sont intéressés peuvent appeler et réserver leur repas les jours qui leur conviennent.


Comme l’année dernière, il n’y aura pas de Mudik ou retour au village pour les Indonésiens. C’est l’un des moments les plus attendus en Indonésie, pays qui comptent le plus de musulmans au monde. Cette fois encore, le gouvernement a décidé de ne pas autoriser  les déplacements pendant cette période de ramadan.

Sénégal: une polémique croissante...
Le mois de ramadan débute avec l’apparition du croissant lunaire dont l’observation est un véritable enjeu dans certains pays. Au Sénégal, pays à 95% de musulmans, la question de l’observation a été source de tensions après le décès en janvier dernier du président de la Commission nationale d’observation du croissant lunaire (Conacoc). La bataille de succession, entre trois camps,  qui s’en est suivie a débouché sur la création d’un « comité de pilotage transitoire». Ce comité devrait prendre sa première décision ce lundi 12 avril pour annoncer la date du début du ramadan au Sénégal. Il ne sera pas attendu cependant sur la question de la prière à la mosquée ou en groupe, indissociable du mois de jeûne.