Démolition d'un vaste bidonville à Mayotte

Les pelleteuses sont entrées en action ce lundi 22 mai, sur l'île française de Mayotte dans l'océan Indien, pour démolir les cases en tôle insalubres de l'un des plus importants bidonvilles du territoire.

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Bidonville à Mayotte

Des pelleteuses démolissent des cases en tôle de Talus 2, l'un des plus importants bidonvilles de Mayotte/

Capture AFPTV
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Ce "décasage" a commencé vers 07H30 locales (04H30 GMT) dans le quartier de Majicavo, sur la commune de Koungou (nord).

Les autorités françaises ont déployé depuis avril des centaines de policiers et gendarmes à Mayotte pour préparer et mener une série d'interventions des services sécuritaires et sociaux regroupées sous le nom de "Wuambushu" ("reprise" en mahorais).

Cette opération, qui vise à réduire l'habitat insalubre et à expulser les migrants en situation irrégulière, pour la plupart venus de l'archipel voisin des Comores, était quasiment au point mort depuis son lancement il y a près d'un mois.

Prévue initialement le 25 avril, la démolition de l'important bidonville baptisé Talus 2 avait été suspendue par le tribunal administratif, avant que deux nouvelles décisions de justice ne donnent raison à l'État, la dernière datant de mercredi.

Tôt des gendarmes équipés de pieds de biche sont entrés dans les habitations pour vérifier que personne ne se trouvait à l'intérieur avant le début des démolitions, selon des journalistes de l'AFP. L'électricité et l'eau ont été coupées.

Les pelleteuses ont ensuite commencé à détruire le bidonville, fracassant les murs en dur et écrasant les tôles.

Bras de fer entre Paris et Moroni

La démolition de Talus 2 "devrait durer toute la semaine", a précisé devant la presse Psylvia Dewas, chargée de la résorption de l'habitat illégal à la préfecture de Mayotte.

Il s'agit de détruire 135 cases en tôle, sur un millier de logements insalubres promis à la destruction dans les prochains mois à Mayotte.

"Wuambushu" est dénoncée comme "brutale", "anti-pauvres" et violant les droits des migrants par des associations, mais soutenue par les élus et de nombreux habitants mahorais.

L'opération est l'objet d'un bras de fer entre Paris et Moroni qui a entraîné la suspension de la liaison maritime entre Mayotte et la proche île comorienne d'Anjouan pendant près de trois semaines. Les expulsions de sans-papiers comoriens ont pu reprendre mercredi dernier.

Sur les 350.000 habitants estimés de Mayotte, la moitié ne possède pas la nationalité française.