Discours de l'Union : Ursula von der Leyen veut une "nouvelle approche stratégique" avec l'Afrique

Ursula von der Leyen a déclaré à la tribune du Parlement européen de Strabourg que l'Union européenne veut définir une nouvelle approche stratégique vis-à-vis de l'Afrique axée sur la coopération avec les "gouvernements légitimes".

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Ursula von der Leyen prononce son discours de l'état de l'Union ce 13 septembre 2023 au Parlement européen à Strasbourg.

Ursula von der Leyen prononce son discours de l'état de l'Union ce 13 septembre 2023 au Parlement européen à Strasbourg.

© AP Photo/Jean-Francois Badias
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"Nous devons faire preuve, à l'égard de l'Afrique, de la même unité d'intention que celle que nous avons montrée concernant l'Ukraine", a indiqué devant les députés européens Ursula von der Leyen, inquiète devant la montée en puissance de la Russie en Afrique, et en particulier au Sahel.

"La Russie exerce une influence sur le chaos qui y règne, et en tire également profit", a-t-elle ajouté dans son discours sur l'état de l'Union.

Face à cette situation, "nous devons nous concentrer sur la coopération avec les gouvernements légitimes et les organisations régionales", a-t-elle souligné.

Depuis 2020, le Mali, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger ont connu des coups d'État militaires, ce qui "contribuera à augmenter l'instabilité dans la région dans les années à venir", a-t-elle déploré. Fin août, un autre pays africain, le Gabon, s'est ajouté à la liste.

Cette nouvelle approche stratégique devra être définie avant la tenue d'un sommet entre l'Union européenne et l'Union Africaine, prévu en 2025, a-t-elle ajouté.

La veille, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avait reconnu l'échec des Européens à consolider la démocratie au Sahel, en dépit de centaines de millions d'euros investis, qui n'ont pas empêché les coups d'État militaires.

Ces dix dernières années, l'Union européenne a dépensé 600 millions d'euros dans des missions civiles et militaires au Sahel, et entraîné des dizaines de milliers de policiers et militaires au Mali et Niger, a indiqué M. Borrell lors d'un débat au Parlement européen à Strasbourg.

"Cela n'a pas servi à consolider des forces armées qui soutiennent le gouvernement démocratique", mais plutôt des forces armées "qui les renversent", a-t-il toutefois reconnu.