Afrique

Droit de grève au Bénin : la Cour constitutionnelle a tranché

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La décision de la Cour fait la une des journaux ce samedi à Cotonou.
© Sujet : M.Vallerey / Montage : G. Longo / Images : E. Sodji

La loi votée en décembre dernier avait suscité une levée de boucliers chez les fonctionnaires. Le texte très controversé exclut du droit de grève certains secteurs de la fonction publique comme la justice, la santé ou l'éducation. La Cour constitutionnelle vient de l'invalider.

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"La Cour siffle la fin de la récréation" peut-on lire en une des journaux béninois.

La Cour constitutionnelle a tranché : retirer le droit de grève est "non-conforme à la loi". Après avoir mené la lutte pendant plusieurs semaines, syndicats et opposition saluent cette décision.

Pour Léonce Houngbadji, chef du Parti pour la Libération du Peuple ( PLP) et membre actif du Front pour le Sursaut Patriotique : "c'est un camouflet pour le chef de l'Etat. Chaque fois qu'il prendra des décisions autocratiques pour réprimer les libertés démocratiques, le peuple béninois sera là et la Cour consitutionnelle aussi pour dire d'arrêter."

A l'origine de la colère, une loi votée au Parlement fin décembre. Un texte qui exclut du droit de grève militaires, gendarmes, policiers ainsi que les personnels de la santé et de la justice.

Un projet de loi très controversé


Le projet de loi - très controversé - suscite aussitôt une vague de protestation et un mouvement de grève générale est lancé à l'appel des 7 centrales syndicales.

Dans un pays considéré comme pionnier de la démocratie en Afrique francophone, les Béninois sont très attachés à leur Constitution et à leurs droits de citoyens.

Serge Prince Agbodjan, juriste et expert en droits humains, confirme : "quelle que soit la position du travailleur dans la nation béninoise, on ne peut pas lui retirer le droit de grève. C'est un droit fondamental que l'on peut seulement limiter. "

Au pouvoir depuis presque 2 ans, Patrice Talon traverse sa première grogne sociale. Le président libéral a engagé de nombreuses réformes et veut aller vite.

Les députés entendent déjà préparer un autre projet de loi, cette fois pour encadrer le droit de grève plutôt que de l'interdire. Mais c'est sans compter une opposition forte
et une force syndicale aujourd'hui unie.