Afrique

Economie : Bolloré prêt à vendre ses activités logistiques en Afrique

<p>Illustration. Port d'Abidjan (Côte d'Ivoire).</p>
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Illustration. Port d'Abidjan (Côte d'Ivoire).



 
AP Photo/Emanuel Ekra.

Selon le journal français "Le Monde", le groupe Bolloré étudie la vente de ses activités logistiques en Afrique, l'un de ses métiers historiques. L'homme d'affaires français a chargé la banque Morgan Stanley de sonder des acheteurs pour Bolloré Africa Logistics.

Le groupe diversifié Bolloré a chargé une banque d'affaires d'étudier la cession de son activité historique de logistique en Afrique, a indiqué vendredi 15 octobre le journal "Le Monde".

Selon le quotidien, "la banque d'affaires Morgan Stanley a été chargée de sonder discrètement l'intérêt des acquéreurs potentiels, notamment les grands noms du transport maritime", dont l'armateur français CMA CGM et le danois Maersk qui étudieraient le dossier.

La branche Bolloré Africa Logistics est présente dans plus de vingt pays sur le continent africain, notamment à travers un réseau de seize concessions portuaires, des entrepôts et des hubs routiers et ferroviaires. Elle serait valorisée entre deux et trois milliards d'euros, avance Le Monde.

Aucun commentaire de la part du groupe Bolloré

Contactés par l'AFP, le groupe Bolloré et Morgan Stanley n'ont fait aucun commentaire.

Interrogé, Maersk s'est refusé à commenter des "rumeurs" tout en indiquant "étudier constamment les opportunités pour connecter et simplifier les chaînes d'approvisionnement de ses clients".

Il est "vraisemblable qu'il (le groupe Bolloré) évalue la valeur" de son activité logistique, sans que cela aboutisse forcément sur une cession, a commenté auprès de l'AFP une source au fait du dossier.

La branche a enregistré un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros en 2020 et emploie plus de vingt mille personnes.

Si l'opération avait lieu, le conglomérat conserverait une activité logistique internationale, une branche de distribution pétrolière, des systèmes de stockage d'électricité, et des participations financières, dont le contrôle du groupe de communication Vivendi, également présent en Afrique via ses filiales Havas et Canal+.

Bien avant les médias, la logistique et l'Afrique avaient fait la fortune de l'industriel Vincent Bolloré, fin financier, qui avait pris en 1986 le contrôle de la SCAC (Société Commerciale d'Affrètement et de Combustible) au moment de sa privatisation.

Le groupe français s'était ensuite développé sur le continent, s'appuyant sur ses relations avec les dirigeants politiques et incarnant pour certains l'image de la Françafrique néocoloniale.

A re(voir) : Bolloré, coup d'arrêt en Afrique ?
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Accusé par la justice française d'avoir apporté son aide à des campagnes électorales en échange de l'attribution de concessions portuaires au Togo et en Guinée, le groupe a accepté en début d'année une convention comprenant une amende de douze millions d'euros et une surveillance par l'Agence française anticorruption.

La juge avait cependant refusé d'homologuer la reconnaissance préalable de culpabilité acceptée par Vincent Bolloré (qui a laissé en 2019 les manettes du groupe à son fils Cyrille) et deux autres responsables. Leur dossier a été renvoyé à l'instruction.

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