Afrique

Égypte : après plus de deux ans de détention, le militant Ramy Saath a été libéré

Prisonnier depuis plus de deux ans en Égypte, Ramy Saath a été libéré ce 3 janvier. 
Prisonnier depuis plus de deux ans en Égypte, Ramy Saath a été libéré ce 3 janvier. 
Capture d'écran TV5MONDE

Ramy Saath, un militant politique détenu en Égypte depuis plus de deux ans, a été libéré ce 3 janvier, selon une source judiciaire. Cela faisait plusieurs mois que des organisations de défense des droits humains plaidaient sa cause. 

Le militant politique égypto-palestinien Ramy Shaath, détenu en Égypte depuis plus de deux ans a été libéré, a indiqué une source judiciaire le 3 janvier.

Une figure de la révolution égyptienne

L'homme de 48 ans, une figure de la révolution égyptienne de 2011 et le coordinateur en Egypte du mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS, prônant le boycott d'Israël dans la lutte contre l'occupation des Territoires palestiniens, NDLR) était détenu depuis juillet 2019 pour avoir voulu fomenter des "troubles contre l'État".

Son épouse française, Céline Lebrun, avait elle été expulsée vers Paris au moment de son arrestation. "Rami Shaath a été libéré par le parquet général lundi soir", a affirmé la source judiciaire, sans donner plus de détails. "J'ai entendu parler de la décision mais d'après ce que je sais, il n'est pas encore sorti. On publiera une déclaration quand il sera dehors et dans l'avion", a déclaré sa femme.

En décembre, cinq organisations de défense des droits humains avaient interpellé le président français Emmanuel Macron sur le sort de ce militant, fils du dirigeant politique palestinien, Nabil Shaath. Un an plus tôt, au cours d'une visite à Paris du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi le 7 décembre 2020, Emmanuel Macron avait affirmé s'être entretenu avec lui de "cas individuels", dont celui de Ramy Shaath.

Plus de 60 000 détenus d'opinion

La situation de Ramy Shaath "fait l'objet d'un suivi attentif et est régulièrement abordée, y compris au plus haut niveau", a déclaré le mois dernier la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anne-Claire Legendre.

Un autre militant égyptien des droits humains, le chercheur Patrick Zaki, devait lui être libéré mi-décembre après 22 mois de détention. Il encourt toujours jusqu'à cinq ans de prison pour "fausses informations" à cause d'un article dénonçant les discriminations contre les chrétiens.

L'Égypte compte plus de 60 000 détenus d'opinion, selon des ONG. Les États-Unis estiment que le pays viole les droits humains dans tous les domaines et ont en conséquence gelé 10% de leur aide.