Élections en RDC : la mission "impossible" des observateurs européens

L'Union européenne déclare ce 28 novembre que ses observateurs envoyés en République démocratique du Congo (RDC) avant le scrutin du 20 décembre n'ont pu "se déployer à travers le pays pour raisons de sécurité", ce qui rend leur mission "impossible" à terme.

Image
Félix Tshisekedi en campagne à Kinshasa le 19 novembre 2023.

Félix Tshisekedi en campagne à Kinshasa le 19 novembre 2023.

© AP Photo/Samy Ntumba Shambuyi
Partager2 minutes de lecture

La quarantaine d'observateurs de l'UE sont "actuellement dans l'impossibilité de se déployer dans le pays pour des raisons de sécurité" ce qui "rend la nécessaire observation de long terme impossible", a déclaré un porte-parole de l'UE. Celle-ci "étudie les diverses options possible, en lien avec les autorités de RDC", a-t-il ajouté.

L'envoi de cette mission d'observation électorale européenne, la première en RDC depuis plus de 10 ans, avait été annoncé début novembre par le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell. "Les prochains mois seront décisifs pour la consolidation démocratique en RDC et la coopération bilatérale entre la RDC et l'UE", avait-il souligné le 7 novembre.

C'est à l'appel du ministère des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC) que l'Union européenne a accepté de déployer cette mission d'observation.

L'observatrice en chef Malin Björk dirige 13 experts électoraux. Ils ont été rejoints à la fin du mois par 42 observateurs de long terme. Douze observateurs "de court teme" ont été prévus à l'approche du jour du scrutin.

La campagne pour les élections parlementaires et présidentielles a débuté le 19 novembre en RDC, vaste pays pauvre d'Afrique de l'Est de près de 100 millions d'habitants. Le président Felix Tshisekedi, 60 ans, y est candidat à sa réélection.

Le pays est secoué depuis près de 30 ans par des violences de groupes armés dans l'est, où des soldats de maintien de la paix de l'ONU et de la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC) sont déployés.

Les violences dans l'est connaissent actuellement un pic avec le retour sur scène d'une ancienne rébellion, le M23, soutenue par le Rwanda voisin et qui s'est emparée de larges pans de la région du Nord-Kivu.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 450 000 personnes ont été déplacées au cours des six dernières semaines dans les territoires de Rutshuru et Masisi, dans la province du Nord-Kivu, en raison d'affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales.

Le gouvernement du président Tshisekedi a décidé de ne pas renouveler au-delà du 8 décembre le mandat de la force de l'EAC déployée pour lutter contre le M23.

Parallèlement, la Mission de maintien de la paix de l'ONU en RDC (Monusco), présente en RDC depuis 1999, a déclaré le 22 novembre avoir signé avec le gouvernement un plan de retrait de ses 14.000 Casques bleus déployés dans le pays, essentiellement dans l'est.