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En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara candidat à sa succession ?

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors d'une réunion du G20 à Berlin (Allemagne) en novembre 2019.
Le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors d'une réunion du G20 à Berlin (Allemagne) en novembre 2019.
© John MacDougall/Pool via AP

Le RHDP, au pouvoir en Côte d'Ivoire, va tenir ce mercredi 29 juillet à Abidjan une "réunion cruciale" pour choisir son nouveau candidat pour la présidentielle d'octobre, après la mort subite du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Le candidat choisi pourrait n'être autre que le président sortant, Alassane Ouattara.

"Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) va choisir son candidat à l'issue d'une réunion cruciale dirigée par son chef (le président) Alassane Ouattara". L'annonce de cette réunion a été faite in extremis, ce mardi, par le porte-parole du parti présidentiel.

Mamadou Touré a rappelé que c'est la même instance du RHDP, le bureau politique, qui s'était réunie le 12 mars dernier pour choisir comme candidat Amadou Gon Coulibaly, décédé le 8 juillet d'un infarctus.

  • (Re)voir - Côte d'Ivoire : Amadou Gon Coulibaly, le dauphin foudroyé à quatre mois de la présidentielle
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"Situation exceptionnelle"

Au cours de cette réunion, les militants et les cadres devront se prononcer sur le choix d'une personnalité, la candidature du président Ouattara à sa propre succession pour un troisième mandat paraissant de plus en plus probable.

"Nous sommes dans une situation exceptionnelle (...) non prévue, ce qui pourrait amener le parti à solliciter (de Alassane Ouattara) sa candidature", a expliqué Mamadou Touré. Pour lui, le président ivoirien et chef du RHDP, âgé de 76 ans, est "la personnalité idoine pour maintenir la cohésion du parti et la dynamique" à trois mois de la présidentielle.

Il est aussi, "l'homme de la situation", face à "la fragilité de la sous-région en rapport avec les questions sécuritaires", en particulier les attaques régulières des groupes jihadistes.

Contestations

L'opposition conteste au président Ouattara, élu en 2010 puis réélu en 2015, le droit d'effectuer un troisième mandat, en vertu de la Constitution qui n'en autorise que deux. Mais le président estime que l'adoption de cette nouvelle constitution en 2016 a remis les compteurs à zéro. 

Lundi, l'ex-président Henri Konan Bédié, 86 ans, a été désigné candidat à la présidentielle du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), principal mouvement d'opposition, avec 99,7% des voix à l'issue d'une convention de ce parti.

Près d'une semaine auparavant, l'ex-ministre des Affaires étrangères Marcel Amon Tanoh, ancien proche du président Ouattara, s'est déclaré candidat à la présidentielle, une candidature dissidente du parti au pouvoir.

Bédié sûrement, Ouattara sans doute, et Gbagbo pourquoi pas ? 

La présidentielle s'annonce tendue dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, dix ans après la crise post-électorale qui avait fait plus de 3.000 morts. En perdant son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le président sortant a dû abandonner sa promesse de rajeunissement et de renouvellement. La présidentielle 2020 pourrait, de fait, mettre aux prises des personnalités politiques déjà bien connus des Ivoiriens, dont trois anciens président.
Ce mardi, sur le plateau de TV5MONDE, Silvia Garcia recevait le journaliste du Figaro Tanguy Berthemet et l'analyste politique ivoirien André Silver Konan pour évoquer cette échéance électorale.

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