Afrique

Ethiopie : inquiétudes sur le transfert de terres à l'Erythrée

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Dans le Nord de l'Ethiopie proche de la frontière Érythréenne, le peuple de l'ethnie Irob s'inquiète que ses terres reviennent prochainement à l'Erythrée en échange de la paix. Après la guerre de 1998-2000, une commission internationale indépendante avait déterminé que certaines villes de la région situées sur la zone frontalière appartenaient à l'Erythrée. Mais l'Ethiopie n'a jamais voulu reconnaître cette décision.   

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L'inquiétude s'est emparé d'Alitena, une bourgade du nord de l'Ethiopie, à quelques kilomètres de la frontière érythréenne. La région est habitée majoritairement par le peuple Irob et ceux-ci craignent maintenant de voir leur territoire partagé entre les deux pays. Le Premier Ministre éthiopien a annoncée le mois dernier vouloir respecter la frontière decidée par une commission internationale, ce qui veut dire rétroceder des territoires à l'Erythree. 


Cette decision va diviser la population. Si des frères sont séparés ça va poser des problèmes, c'est pas comme ça qu'il y aura la paix.

Daniel Hagos, prêtre catholique 

Cettre réconciliation entre Ethiopie et Erythrée est accueillie avec enthousiasme dans les capitales, mais ici en territoire Irob, rare bastion du catholicisme éthiopien, on craint de nouveaux conflits avec les érythréens.


Nous voulons la paix, mais nous pensons que ça peut se faire sans donner de terres, mais ça devrait être comme avant, quand les frontières n'étaient pas sources de conflit.

Girmay Abraham, chauffeur 

Pour l'heure aucune terre n'a encore changé de main. Et certains Irob remarquent que la paix peut aussi avoir des avantages. L'ouverture de routes entre les deux pays pourrait relancer le commerce. Pour d'autres ce serait une occasion rare de retrouver des membres de leurs familles disparus pendant les conflits come le souligne Abrahet Niguse,une  commerçante : "Depuis qu'on a appris la nouvelle, on est collés à notre télévision. Si les deux pays font vraiment la paix, peut être que même mon mari reviendra."

Son mari, accusé d'avoir donné de la nourriture aux Ethiopiens pendant la guerre, avait été arrêté par les Erythréens et n'a plus jamais donné signe de vie. 96 Irob ont disparu pendant l'occupation du district par l'Erythrée.