Afrique

Ethiopie : les forces du Front de libération du peuple du Tigré ont pris le contrôle de Mekele

Les combats font rage depuis 8 mois dans la région du Tigré. Akhberet Tadesa, 15 ans, réconfortée par sa soeur Fana, 13 ans, est en état de choc depuis qu'une bombe a explosé près de sa maison. Elle ne parvient plus à se nourrir, ni marcher, ni parler, sans aide. Hôpital Ayder de Mekele, Tigré, Ethiopie, le 6 mai 2021.
Les combats font rage depuis 8 mois dans la région du Tigré. Akhberet Tadesa, 15 ans, réconfortée par sa soeur Fana, 13 ans, est en état de choc depuis qu'une bombe a explosé près de sa maison. Elle ne parvient plus à se nourrir, ni marcher, ni parler, sans aide. Hôpital Ayder de Mekele, Tigré, Ethiopie, le 6 mai 2021.
© AP Photo/Ben Curtis

L'administration intérimaire du Tigré a quitté lundi 28 juin Mekele, la capitale de cette région du nord de l'Ethiopie où l'armée affronte depuis près de huit mois des forces loyales aux anciennes autorités locales dissidentes. Les forces loyales au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont pris le contrôle de la ville.

Les Forces de défense du Tigré (TDF), "ont pris le contrôle de la ville, je les ai vus moi-même, ils sont entrés", a déclaré à l'Agence France Presse un membre de l'administration intérimaire régionale, qui a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité. "La ville est en fête, tout le monde est dehors à danser".

Le Tigré est en proie aux combats depuis le lancement en novembre 2020 par le Premier ministre Abiy Ahmed d'une opération militaire pour renverser les autorités locales dissidentes, issues du TPLF.

Annoncée comme brève, cette opération de "maintien de l'ordre" s'est transformée en conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d'exactions sur les civils (massacres, viols, déplacements de population...).

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Selon l'ONU, au moins 350.000 personnes y sont en situation de famine, ce que conteste le gouvernement éthiopien.

Si M. Abiy a proclamé la victoire après la chute de Mekele le 28 novembre, les combats n'ont jamais cessé entre les forces pro-TPLF, qui se font appeler Forces de défense du Tigré (TDF), et l'armée fédérale éthiopienne, épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l'Amhara et l'armée de l'Erythrée, pays frontalier du Tigré.

(RE)lire - Ethiopie : "Abiy Ahmed veut montrer que son parti est avant tout politique et va au-delà des conflits communautaires"

Les TDF ont lancé une offensive la semaine dernière, au moment où se tenait dans une grande partie du reste du pays des élections nationales très attendues.

Un responsable de l'administration intérimaire, mise en place par Addis Abeba après la destitution des autorités du TPLF, a déclaré lundi à l'AFP que les fonctionnaires avaient choisi de quitter leur poste alors que les TDF se rapprochaient "de tous les côtés".

Plusieurs témoins ont déclaré à l'AFP que des soldats et des policiers fédéraux fuyaient également la ville lundi.

Le bureau du Premier ministre n'avait pas répondu lundi soir aux sollicitations de l'AFP pour obtenir plus de précisions.

Mais la chaîne Fana Broadcasting Corporate, affiliée à l'Etat, a déclaré qu'Abraham Belay, chef du gouvernement intérimaire tigréen, avait appelé à un cessez-le-feu.

"L'administration intérimaire du Tigré demande au gouvernement fédéral d'accepter un cessez-le-feu basé sur l'humanité du gouvernement fédéral et d'une manière qui n'entraîne pas plus de dégâts", a déclaré la chaîne citant M. Abraham.

Ce soir, le gouvernement éthiopien a décrété un "cessez-le-feu unilatéral et inconditionnel" au Tigré, où les forces loyales aux anciennes autorités de la région (TPLF) ont repris la capitale Mekele, ont rapporté plusieurs médias d'Etat.

"Afin que les agriculteurs puissent cultiver paisiblement, que l'aide humanitaire puisse être distribuée en dehors de toute activité militaire, que les forces résiduelles du TPLF puissent reprendre le chemin de la paix (...), un cessez-le-feu unilatéral et inconditionnel a été décrété à compter d'aujourd'hui, 28 juin, jusqu'à la fin de la saison des cultures", a annoncé le gouvernement dans son communiqué.