Afrique

Ethiopie: nouveaux combats en région Afar, signes d'une offensive fédérale

Cérémonie en soutien aux troupes éthiopiennes combattant en Amhara et en Afar, à Addis Abeba le 6 septembre 2021
Cérémonie en soutien aux troupes éthiopiennes combattant en Amhara et en Afar, à Addis Abeba le 6 septembre 2021
afp.com - Amanuel Sileshi
Des soldats éthiopiens à l'exercice à Dabat, au nord-est de Gondar, le 14 septembre 2021
Des soldats éthiopiens à l'exercice à Dabat, au nord-est de Gondar, le 14 septembre 2021
afp.com - Amanuel Sileshi

Les combats ont repris dans la région éthiopienne de l'Afar après un mois d'accalmie, ont affirmé mercredi à l'AFP des sources humanitaires et rebelles, sur fond de nouvelle offensive du gouvernement d'Addis Abeba.

Le conflit au Tigré, entamé il y a près d'un an lorsque le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale pour chasser les autorités régionales du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), s'est propagé ces derniers mois aux régions voisines de l'Afar et de l'Amhara.

Mardi, des informations faisaient notamment état de confrontations armées dans la ville afar d'Awra où le TPLF, utilisant des armes lourdes, a tué de nombreux civils, selon des sources humanitaires.

Ces informations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante et les responsables de la région Afar n'étaient pas joignables pour des commentaires.

Getachew Reda, le porte-parole du TPLF, a nié que les rebelles aient utilisé des armes lourdes contre des civils et qualifié cette information d'"accusation (destinée) à ternir la réputation de nos forces". Il a en revanche confirmé de récents combats en Afar.

"Les forces ennemies croulent et sont en déroute dans certaines parties de l'Afar", a-t-il affirmé, décrivant des affrontements à la frontière entre l'Afar et l'Amhara.

Depuis près d'une semaine, des sources rebelles et humanitaires rapportent les signes d'une nouvelle offensive de l'armée fédérale, qui pourrait marquer une nouvelle étape dans ce conflit qui a plongé selon l'ONU des centaines de milliers de personnes dans la famine.

Les responsables d'Addis Abeba n'ont pas explicitement confirmé cette offensive, mais M. Abiy a déclaré cette semaine que le gouvernement avait "la responsabilité de protéger de tout acte de terrorisme ses citoyens à travers tout le pays".

- "Opérations aériennes" -

Fin 2020, les forces fédérales avaient rapidement pris le contrôle du Tigré. Mais fin juin, le TPLF a repris l'essentiel de la région puis ont poursuivi leur offensive en Amhara et en Afar afin de mettre fin à ce qu'elles décrivent comme un blocus humanitaire du Tigré.

En septembre, le gouvernement a affirmé que les rebelles avaient subi de "lourdes pertes" et été "mis en déroute" en Afar. De son côté, le TPLF affirmait avoir simplement retiré des troupes de la région afin de les redéployer sur d'autres fronts, dont l'Amhara.

Mercredi, M. Getachew a déclaré que l'objectif militaire actuel du TPLF était de "repousser l'offensive et aller aussi loin que nécessaire pour casser le siège contre le peuple du Tigré."

La guerre a tendu les relations entre l'Ethiopie et ses partenaires occidentaux, notamment les Etats-Unis, un allié historique.

Cette semaine, un porte-parole du département d'Etat américain a déclaré à l'AFP que Washington "considérait toute la palette d'outils à sa disposition" face à l'aggravation de la situation.

Parmi ceux-ci figurent "les sanctions économiques ciblées pour tenir responsable ceux qui sont coupables, ou complices, de prolonger le conflit, entraver l'accès humanitaire, empêcher un cessez-le-feu".

Mardi, Etats-Unis, France, Allemagne et Royaume-Uni ont appelé les parties à "cesser immédiatement les exactions et à entamer des négociations pour un cessez-le-feu."

Par ailleurs, Samantha Power, la cheffe de l'agence humanitaire américaine (USAID), a affirmé que les Etats-Unis et d'autres partenaires avaient discuté d'une "extension des opérations aériennes pour livrer des fournitures de secours directement dans la région", contre laquelle le gouvernement a résisté jusqu'ici.