Afrique

Éthiopie : un million de personnes déplacées après des violences intercommunautaires

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Son arrivée avait suscité tous les espoirs. Il y a 5 mois, Abiy Ahmed était nommé Premier ministre. Il a promis paix et unité . Mais le sud de l'Éthiopie reste secoué par des violences interethniques.

Leur refuge, c'est le Palais de Justice de Kochere, dans le sud de l'Éthiopie.
A l'extérieur, comme à l'intérieur, beaucoup d'enfants. Eux et leurs parents sont de l'ethnie Gedeo. Ils ont fui les violences des Oromos, une communauté voisine.
 
Nous avons quitté notre village les mains vides pour sauver nos vies. Nous avons voyagé et passé trois jours dans les buissons pour arriver ici.
Tigist, civile Gedeo déplacée
En tout, près d'un million de personnes ont du fuir. Et la grande majorité est Gedeo. Les affontements intercommunautaires ont éclaté juste après l'investiture du Premier ministre Abiy Ahmed. Les Gedeo assurent que les Oromos les chassent de leurs fermes.
 
Nous avons vu énormément de personnes devant faire face à la violence dans un laps de temps très court. Elles se sont installées dans des bâtiments publics.James Reynolds, chef de la délégation du CICR
Des camps de fortune où on dort à même le sol et où on manque de tout.
Il n'y a pas assez de nourriture ni d'eau pour tout le monde.

"Mon mari est tombé malade ici et je ne pouvais pas l'aider. Je n'avais pas de ressources financières pour prendre soin de lui. Puisque je suis parti les mains vides, il m'a été impossible de l'emmener à l'hôpital pour qu'il reçoive un traitement. Sa santé s'est encore détériorée et il est finalement mort", explique Tigist.
Pour se nourrir et se soigner, elle compte sur le Centre International de la Croix Rouge (CICR).

Beaucoup dénoncent le laxisme du gouvernement. En arrivant au pouvoir Abiy Ahmed avait promis paix et unité. Mais ses réformes excerbent aussi les vieilles rivalités ethniques et territoriales.