Afrique

Face aux variants, la Tanzanie annonce des mesures anti-Covid

Une école secondaire de Dar es Salaam le 1er juin 2020, au premier jour de réouverture des classes après deux mois et demi de fermeture
Une école secondaire de Dar es Salaam le 1er juin 2020, au premier jour de réouverture des classes après deux mois et demi de fermeture
afp.com - Ericky BONIPHACE

La Tanzanie a annoncé lundi soir de nouvelles mesures destinées à contrôler la propagation du coronavirus, une décision en rupture avec l'approche de l'ancien président John Magufuli, qui fut notoirement "covido-sceptique".

Les voyageurs arrivant en Tanzanie devront désormais présenter un test négatif datant de moins de 72 heures avant l'arrivée sur le territoire, a déclaré dans un communiqué le ministère de la Santé, qui affirme s'inquiéter des nouveaux variants du virus.

Les passagers venant de pays connaissant un grand nombre d'infections devront réaliser un test antigénique supplémentaire, payant, ajoute le ministère, sans préciser selon quels critères ces pays seront désignés.

Par ailleurs, ceux qui auront visité un pays ayant fait face à "de nouveaux variants du Covid-19" au cours des deux semaines précédentes devront subir une quarantaine obligatoire de 14 jours, à leurs frais. Les citoyens tanzaniens pourront s'isoler chez eux, tandis que les étrangers devront se rendre dans une structure gouvernementale.

"Sur la base de la situation épidémiologique mondiale et de l'émergence de nouveaux variants des virus qui causent le Covid-19, il existe un risque accru qu'ils soient importés dans notre pays", écrit Abel Makubi, secrétaire permanent du ministère dans la Santé, dans ce communiqué, publié tard lundi et consulté mardi par l'AFP.

Ces mesures interviennent près de deux mois après l'arrivée au pouvoir de Samia Suluhu Hassan, devenue présidente à la suite du décès de l'ancien chef de l'Etat John Magufuli, qui n'avait cessé de minimiser le virus et d'affirmer que son pays en avait été libéré grâce aux prières.

M. Magufuli, surnommé le "Bulldozer", est décédé fin mars, officiellement de problème cardiaques, après trois semaines d'une absence inexpliquée. Mais selon ses opposants, il avait contracté le Covid-19.

En avril, la nouvelle présidente a estimé qu'il n'était "pas bon d'ignorer" le coronavirus et créé un comité d'experts, chargé de faire la synthèse des connaissances mondiales sur le virus et de faire des recommandations au gouvernement.

La Tanzanie n'a pas publié de chiffres sur ses infections au Covid-19 depuis avril 2020, et donnait à cette date 509 cas pour 16 décès.

En 2020, à peine deux mois après avoir détecté son premier cas, la Tanzanie avait abandonné la quarantaine obligatoire pour les voyageurs ainsi que d'autres mesures destinées à ralentir la propagation de la maladie.