Afrique

Gambie : Le difficile retour des émigrés

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Des milliers de gambiens ont retrouvé leur pays cette semaine. Commentaire : A. RENEVIER|Montage : C. DEHONDT

La Gambie a le plus haut taux de migrants traversant la Méditerranée par habitant a relevé l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Depuis 2017, leur programme a permis de rapatrier des milliers de Gambiens depuis la Libye.

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Leur rêve, c'était l'Europe. Il s'est brisé, avant même qu'ils n'atteignent les rives de la Méditerranée.

Ces jeunes Gambiens, qui ont dépensé toutes leurs économies pour rejoindre illégalement l'Italie sont revenus à la case départ : ils ont été rapatriés, depuis la Libye. 

Ousmane Ndaye, rapatrié gambien, raconte : "Nous sommes tous frustrés en ce moment. S'il  n'y a pas de changement, nous devrons nous défendre comme des hommes. Dieu est là pour nous. Peut-être que l'on  reprendra la route, et on verra ce que Dieu fera."

Certains sont prêts à reprendre la route. Une route sur laquelle ils ont souvent vécu l'enfer. Car c'est après avoir été kidnappés, battus et enfermés dans une geôle libyenne pendant plusieurs mois qu'ils ont accepté de revenir.

Un retour, financé par l'Organisation internationale pour les migrations, l'OIM. L'an dernier, 2 500 Gambiens ont été rapatriés depuis la Libye. 

 
"Nous ne pouvons pas continuer à dissuader les gens de partir alors que nous n'avons rien à leur proposer ici.
Mustapha Sallah, cofondateur de l'association YAIM

Judith Altrogge, chercheuse à l'Institut Arnold Bergstraesser, explique : "Quand ils reviennent ils reçoivent une aide à la réintégration de la part de l'organisation. En raison du très grand nombre de rapatriés et du nombre croissant d'avions de rapatriement, il est difficile de tous les suivre après leur retour." 

Dans un pays où le chômage est endémique, des rapatriés ont créé une association et tentent de dissuader d'autres jeunes d'emprunter le "backway", nom que les Gambiens donnent à la route illégale pour l'Italie. 

Mustapha Sallah est cofondateur de l'association Youth Against Irregular Migration (YAIM)"Nous ne pouvons pas continuer à dissuader les gens de partir alors que nous n'avons rien à leur proposer ici. Nous avons besoin d'emplois. Et nous avons besoin de mobiliser les jeunes, nous devons leur montrer qu'il y a des efforts qui sont faits", insiste-t-il.

Le gouvernement gambien compte aujourd'hui principalement sur des financements étrangers pour des programmes d'aide au retour et à l'emploi.

Des programmes financés en majorité par l'Union européenne pour tenter d'endiguer le flux de migrants venant d'Afrique.