Afrique

Ghana : deux étudiantes canadiennes enlevées au nord de la capitale

Des forces de police ghanéennes lors des dernières élections en décembre 2016. Le Ghana est l'un des pays les plus stables d'Afrique. (Photo AP /Sunday Alamba)

Deux étudiantes canadiennes ont été enlevées ce mardi 4 juin 2019. Le rapt a eu lieu à Kumasi, la deuxième plus grande ville du pays ville située à 250 kilomètres au nord de la capitale, Accra. Le Ghana, connu pour sa tranquillité, est-il victime de criminels provenant de pays voisins plus pauvres et en crise ?

Les deux étudiantes canadiennes de 19 et 20 ans — volontaires travaillant pour Youth Challenge International, une ONG canadienne dont le siège est à Toronto — ont été enlevées mardi vers 20h. Elles sortaient d'un véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC) devant le Kumasi Royal Golf Club, a précisé le porte-parole de la police ghanéenne, lorsque les ravisseurs les ont embarquées de force. Une troisième jeune femme restée dans le VTC a échappé au rapt et a pu prévenir les autorités : "Quand le chauffeur Uber s'est rendu compte de ce qui se passait, il a continué sa route avec la troisième cliente" a expliqué la police. Le nom des étudiantes n'a pas été donné par les autorités ghanéennes.

Le porte-parole du ministère canadien des Affaires Etrangères, Guillaume Bérubé, a refusé de "commenter ou donner quelconque information qui pourrait ternir les efforts déployés pour garantir la sécurité des Canadiens". Le Ghana, considéré comme l'un des pays les plus paisibles de la région, sans problème sécuritaire important, serait-il touché par une criminalité importée depuis des pays voisins ?
(Capture Google Maps)

Criminels étrangers ou extension de l'instabilité malienne  ?

Le Ghana a connu dernièrement plusieurs enlèvements contre rançon, une pratique jusqu'alors réservée au voisin nigérian (pays d'Afrique de l'Ouest lui aussi anglophone, très proche culturellement du Ghana) comme l'avait souligné il y a deux mois le président ghanéen Nana Akufo-Addo, parlant d'un "phénomène qui touche nos frères nigérians, mais que nous ne connaissions pas avant". En effet, en avril 2019, un diplomate estonien a été enlevé à Accra et séquestré pendant 24 heures par un groupe criminel nigérian présumé. Un homme d'affaires indien a également été kidnappé et sequestré pendant deux jours à Kumasi avant d'être relâché. "La thèse du kidnapping contre rançon se précise", selon le porte-parole de la police, même si aucune déclaration officielle n'a été faite dans ce sens. 

Le Ghana, où les deux tiers de ses 30 millions d'habitants sont chrétiens et environ un tiers est musulman "vivent en coexistence pacifique, ce que le monde nous envie", a souligné le président Akufo-Addo mercredi. Ce pays d'Afrique de l'Ouest a d'ailleurs fait du tourisme, notamment nord-américain, l'un des piliers de son développement économique. Mais le Ghana est également limitrophe du Burkina Faso, pays pauvre confronté depuis plusieurs mois à une explosion des violences attribuées à des groupes jihadistes. La semaine dernière, un ressortissant du Burkina Faso a été arrêté en possession d'une arme à feu dans une église dans le nord du Ghana.

Il y  a un mois, deux ressortissants français en voyage touristique au Bénin ont été enlevés à la frontière burkinabé par un groupe djhiadiste du Burkina Faso.

> Lire notre article : Burkina Faso : libération des quatre otages, dont deux Français

Le Secrétaire de l'ONU, Antonio Guterres, à la suite du massacre massacre d’au moins 160 villageois peuls, à Ogossagou, au Mali, a déclaré le 29 mars 2019 que "La situation au Mali met à l’épreuve la capacité même de la communauté internationale à se mobiliser en faveur de la paix et de la stabilité.  Ce n’est pas une question d’altruisme, mais bien de sauvegarde.  Car la sécurité au Mali a une incidence sur l’ensemble du Sahel, qui à son tour affecte la stabilité mondiale". Le dirigeant de l’Organisation internationale a insisté sur la "menace grandissante" qui pèse sur le Burkina Faso voisin.