Afrique

Guinée : après la trêve, le FNDC appelle à nouveau à manifester contre la junte

Une manifestation du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), contre "la présidence à vie" du président d'alors, Alpha Condé, le 24 octobre 2019 à Conakry. 
Une manifestation du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), contre "la présidence à vie" du président d'alors, Alpha Condé, le 24 octobre 2019 à Conakry. 
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Le Front national pour la défense de la Constitution a invité, lundi 8 août, à une nouvelle manifestation contre la junte le 17 août. Un appel qui met fin à une trêve, faute de réponses à ses demandes de "dialogue crédible" sur la transition vers un pouvoir civil.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), une coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, était déjà à l'initiative des manifestations des 28 et 29 juillet pour dénoncer la "gestion unilatérale de la transition" par la junte. Interdites par les autorités, celles-ci ont dégénéré et cinq personnes ont été tuées.  

Le collectif a ensuite suspendu ses mouvements de contestation pour une semaine, dont celui prévu dans tout le pays le 4 août. Ce, "à la demande expresse" du chef de l'Etat bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

(Re)voir : Guinée : l'opposition compte reprendre les manifestations anti-junte

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La junte refuse "de répondre aux nombreux appels au dialogue"

Le colonel Mamady Doumbouya s'est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus dans un délai de trois ans.

Or la quasi-totalité des acteurs politiques du pays et les Etats ouest-africains, médiateurs dans ce dossier, souhaitent que la transition soit plus rapide.

Le 1er août, la Cédéao a ainsi sommé "les autorités guinéennes, la classe politique et la société civile à engager un dialogue inclusif afin de désamorcer la tension et de convenir d'un calendrier et de modalités raisonnables pour le rétablissement pacifique de l'ordre constitutionnel".

Or la junte refuse "de répondre aux nombreux appels au dialogue sur la transition", a dénoncé, lundi 8 août, le FNDC, dans un communiqué. Le document se veut également critique envers "l’attitude de défiance chronique" du pouvoir guinéen vis-à-vis de la Cédéao, sa "gestion unilatérale et autoritaire de la transition" et "l’usage illégal d’armes létales dans la gestion des manifestations".

Responsables écroués

Outre l'ouverture d'un "dialogue crédible" avec les acteurs politiques et la société civile et la fixation d'un délai raisonnable et consensuel de la durée de la transition, le FNDC exige de la junte la libération sans condition de tous ses militants arrêtés lors des dernières manifestations.

Deux chefs de file du collectif, Oumar Sylla alias Foniké Mangué et Ibrahima Diallo, tout comme Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l'Union des forces républicaines (UFR), sont toujours écroués à la prison civile de Conakry. Les trois hommes ont été inculpés de "participation à un attroupement interdit, de pillages, de destruction de biens publics et privés, de coups et blessures volontaires".

Foniké Mangué, coordinateur du FNDC, a été entendu dans la journée. "Il ne reconnaît pas les faits" qui lui sont reprochés et "considère être dans son droit de lutter pour l’instauration de la démocratie", a déclaré à la presse son avocat, Me Thierno Souleymane Barry.

Le président Umaro Sissoco Embalo a assuré, fin juillet, avoir convaincu la junte d'accélérer le retour à la démocratie de trois à deux ans. Les autorités guinéennes n’ont pas confirmé l’information.

(Re)voir : Guinée : bras de fer entre la junte militaire et une partie de la classe politique

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