Guinée-Bissau : le parti du président Sissoco grand perdant des élections

L'opposition remporte la majorité absolue aux élections législatives du 4 juin  en Guinée-Bissau et impose une cohabitation au président Umaro Sissoco Embalo qui a reconnu la défaite de son parti.

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Umaro Sissoco Embalo lors de la COP 27 à Charm-el-Cheick en Égypte avec Emmanuel Macron et le président d'Israël Isaac Herzog, novembre 2022.

Umaro Sissoco Embalo lors de la COP 27 à Charm-el-Cheick en Égypte avec Emmanuel Macron et le président d'Israël Isaac Herzog, novembre 2022.

© Ludovic Marin/AP Photo
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La coalition Pai-Terra Ranka du parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), fondé par Amilcar Cabral et qui a longtemps dominé la politique nationale, obtient 54 sièges. 

Il devance le Madem G15, famille politique du président, qui gagne 29 sièges, et le Parti du renouveau social qui en gagne 12, a indiqué Mpabi Cabi, président par intérim de la commission électorale.

Le président Embalo a reconnu ce revers politique dans une adresse à la nation après l'annonce des résultats. 

"Je félicite PAI-Terra Ranka pour la victoire et la confiance que le peuple lui a données. En respectant ce résultat, je nommerai le vainqueur des élections législatives Domingos Simões Pereira Premier ministre", a-t-il annoncé.

"J'avais pris la décision de ne jamais le nommer. Un bon politicien doit savoir parfois reculer (...) Nous n'allons pas cohabiter, nous allons marcher ensemble", a-t-il affirmé.

Ce résultat est un désaveu pour le président Embalo, au pouvoir depuis 2019. Il avait dissous l'Assemblée nationale en mai 2022 en raison de "divergences persistantes ne pouvant être résolues" avec le Parlement, déjà dominé par le PAIGC, et devenu selon lui "un espace de guérilla politique et de complot".

Cet échec est imputé selon des observateurs à des dissensions internes au sein du parti Madem G15 et à l'incapacité du président à résoudre le problème de la chute du prix de la noix de cajou, source de revenu importante de la population.

"Mon parti a échoué. Le peuple l'a sanctionné", a dit Umaro Sissoco Embalo.

Aussitôt les résultats proclamés, une foule a convergé vers le siège du PAIGC dans un tintamarre de casseroles.

"Nous venons de réaliser une victoire historique. La seule chose que nous demandons cette fois-ci est qu'on nous laisse gouverner le pays", a déclaré à l'AFP Muniro Conté, porte-parole de la coalition PAI-Terra Ranka.

Dans ce pays où les résultats sont régulièrement contestés, les quelque 200 observateurs internationaux ont annoncé n'avoir relevé aucun incident majeur et affirmé que le scrutin a été "libre, transparent et apaisé".

La Guinée-Bissau souffre d'une instabilité politique chronique et a été victime depuis son indépendance du Portugal en 1974 d'une kyrielle de coups d'État ou de tentatives de coup d'État, la dernière en février 2022.

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