Afrique

Guinée : comment le pays est-il venu à bout du virus de Marburg ?

<p>Un personnel de santé MSF est pulvérisé d’eau alors qu’il quitte la zone contaminée du centre de traitement du virus Ebola, à Guéckédou, en Guinée. La présence du virus de Marburg avait été détectée dans les échantillons d’un homme décédé au même endroit en août 2021. Photo d’archives 20.11.2014</p>

Un personnel de santé MSF est pulvérisé d’eau alors qu’il quitte la zone contaminée du centre de traitement du virus Ebola, à Guéckédou, en Guinée. La présence du virus de Marburg avait été détectée dans les échantillons d’un homme décédé au même endroit en août 2021. Photo d’archives 20.11.2014

AP Photo/Jerome Delay-File

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé ce 16 septembre 2021, la fin du premier épisode du virus de Marburg en Afrique de l’Ouest. Ce virus causant une fièvre hémorragique presque aussi mortelle qu’Ebola avait été détectée il y a 42 jours. Comment le pays en est-il venu à bout aussi vite ?

Enfin une bonne nouvelle sur le front sanitaire en Guinée. Elle vient de l'Organisation Mondiale de la Santé qui annonce la fin de l'épisode de cas sporadiques du virus de Marburg en Guinée. Une annonce qui intervient 42 jours après qu'aucun cas n'ait été signalé, soit le double de la période d'incubation du virus de 21 jours. Il avait été détecté le 2 août dernier par les autorités guinéennes sur un échantillon prélevé sur un homme décédé en Guinée forestière, à Guéckédou, au sud du pays. Les autorités avaient aussitôt réagi en retraçant les cas contacts du défunt. "Plus de 170 cas contacts à haut risque ont été suivis pendant 21 jours", a souligné l'OMS dans un communiqué. Le virus Marburg se rapproche de celui d’Ebola du fait de sa rareté et sa capacité à provoquer des flambées épidémiques avec un taux de létalité élevé. 

(Re)lire : Virus de Marburg : premier cas en Afrique de l'Ouest détecté en Guinée

Selon certains experts, la propagation du virus Marburg inquiétait peu en raison de la localisation du cas détecté, situé à distance de la capitale du pays. "Aujourd’hui, il y a peu de chances que le virus sorte de Guinée”, confiait l’épidémiologiste Yap Boum auprès de TV5MONDE le 12 août dernier. Bien que le cas guinéen ait été détecté à la frontière entre le Liberia et la Sierra Leone, le gouvernement guinéen avait assuré une surveillance transfrontalière importante. "Le fait que nous n’ayons pas eu de nouveaux cas après le cas index (le premier cas), était plutôt rassurant", avait-il conclu.

Un virus dangereux et une contamination maîtrisée

C’est la première fois qu'un tel cas du virus de Marburg est détecté en Afrique de l’Ouest, les précédents ayant été signalés en Angola (2005, 329 morts), en République démocratique du Congo (1998-2000, 128 morts) ou encore en Ouganda (2007, 2012, 2014, 2017, 9 morts au total).

Le virus, dont le taux de létalité moyen avoisine les 50 % se propage par contact direct avec les fluides corporels des personnes contaminées. Il doit son nom à la ville allemande de Marburg où il avait été détecté pour la première fois en 1967.

Guinée : d'où vient le virus Marburg ?

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Si le virus a été transmis aux humains par les roussettes (“chauves-souris”), la transmission est avant tout interhumaine et résulte de contacts directs (par une éraflure ou à travers les muqueuses) avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de personnes infectées, ou avec des surfaces et des matériaux (par ex. draps ou vêtements) contaminés par ces liquides, selon l'OMS.

Il provoque des fièvres hémorragiques accompagnées de diarrhées, crampes abdominales, nausées et maux de têtes intenses. Aucun vaccin, ni de traitements antiviraux n’existe aujourd’hui mais la réhydratation par voie orale ou intraveineuse permet d’accroître les chances de survie.

Une gestion de crise qui fait suite aux précédentes épidémie d’Ebola en Guinée

Face à ce cas isolé, la Guinée a su mettre à profit son expérience dans la gestion des précédentes épidémies d’Ebola. La première d’entre elles avait été détectée au même endroit, en Guinée forestière, il y a plus de 10 ans et s'était propagée à une dizaine de pays. Entre 2013 et 2016, le virus avait causé la mort de près de 11300 personnes, un bilan sous-évalué selon l'OMS. Un réveil de la souche virale au même endroit en Guinée forestière avait entraîné une résurgence de l’épidémie au début de l’année 2021, causant 12 morts et touchant 23 personnes. 

Si la Guinée et l’Afrique de l’Ouest semblent hors de danger face à ces épidémies d'Ebola, la région reste menacée par la propagation épidémique du Covid-19.

(Re)lire : Le virus Ebola : une menace mondiale ? (2014)