Afrique

Guinée : les manifestations suspendues après un appel de la Cédéao pour un compromis

Le 18 août 2022, une manifestation anti-junte a été avortée dans la banlieu de la capitale de la Guinée Conakry.
Le 18 août 2022, une manifestation anti-junte a été avortée dans la banlieu de la capitale de la Guinée Conakry.
Capture d'écran TV5MONDE

Le Front national pour la défense de la Constitution annonce suspendre ses manifestations pour le retour au pouvoir des civils en Guinée. Cela coïncide avec la demande des chrétiens du pays et de la Cédéao de faire des "compromis" pour régler la crise dans le pays. 

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, a déjà organisé des manifestations les 28 et 29 juillet et le 17 août.  Il a cependant appelé à des manifestations "citoyennes et pacifiques" le 29 août et le 4 septembre à Conakry et dans sa banlieue, et le 5 septembre dans tout le pays.

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Une nouvelle chance pour la médiation ?

Le FNDC "a accédé à la demande des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et des chrétiens de Guinée de suspendre les manifestations" le 29 août et le 4 septembre, qui coïncident avec un dimanche, "jour de prière de nos compatriotes chrétiens". Le médiateur de la Cédéao dans la crise guinéenne, l'ex-président béninois Thomas Boni Yayi, a annoncé avoir achevé samedi une mission de médiation.

"L'objectif de cette deuxième trêve", après une précédente fin juillet, "est de donner une énième chance à la médiation de la Cédéao afin qu'elle puisse trouver une issue à la sortie de (la) crise guinéenne entretenue par la junte militaire", affirme le FNDC dans le communiqué. Le Front maintient cependant la manifestation prévue le 5 septembre pour laquelle il "appelle à une mobilisation pour dénoncer les tueries perpétrées" par les autorités et "réclamer la libération des citoyens injustement arrêtés" lors de manifestations et "exiger un retour rapide à l'ordre constitutionnel".

Une confiscation du pouvoir

Cinq personnes avaient été tuées lors des journées de contestation de fin juillet, et deux le 17 août. Le médiateur ouest-africain a indiqué que sa mission "était de rencontrer les autorités de la transition et les acteurs sociopolitiques" pour un dialogue devant "permettre le retour à l'ordre constitutionnel", dans son communiqué. Durant son séjour, le médiateur affirme avoir rencontré notamment le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, des membres du gouvernement, les responsables de coalitions politiques et la société civile, et des diplomates étrangers.

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La junte au pouvoir depuis un an a interdit toute manifestation le 13 mai et décrété le 6 août la dissolution du FNDC, qui avait orchestré de 2019 à 2021 des mois de mobilisation contre un troisième mandat présidentiel d'Alpha Condé. Le colonel Mamady Doumbouya, qui a renversé le président Condé en septembre 2021 et s'est depuis fait investir président, s'est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus dans un délai de trois ans. Le FNDC et ce qui reste de l'opposition dénoncent une confiscation du pouvoir, la répression des voix discordantes et une instrumentalisation de la justice.