Afrique

Hirak en Algérie : Karim Tabbou et Amira Bouraoui bénéficient d'une mesure de remise en liberté provisoire

Emprisonné depuis le 24 septembre 2019, Karim Tabbou est une figure du "Hirak" et sa libération réclamée lors des manifestations contre le régime algérien. 
Emprisonné depuis le 24 septembre 2019, Karim Tabbou est une figure du "Hirak" et sa libération réclamée lors des manifestations contre le régime algérien. 
© TV5MONDE

La justice algérienne a décidé, jeudi 2 juillet, de relâcher Karim Tabbou, figure emblématique du "Hirak", et Amira Bouraoui, figure de l'opposition au président Bouteflika. Des gestes qui pourraient annoncer d'autres libérations d'opposants à la veille de l'anniversaire de l'Indépendance, le 5 juillet.

Selon son avocat, Karim Tabbou devrait retrouver la liberté ce jeudi après-midi. Emprisonné depuis le 26 septembre 2019, il avait été condamné en appel le 24 mars dernier à un an de prison ferme pour "atteinte à l'intégrité du territoire national".

"La demande de liberté provisoire a été acceptée. Tabbou va être libéré jeudi", a déclaré à l'AFP l'un des avocats de l'opposant,  Maître Abdelghani Badi.

Lors de son procès, l'accusé avait refusé de comparaître sans la présence de ses avocats mais le juge avait refusé d'accéder à sa demande. Karim Tabbou avait été pris d'un malaise en pleine audience, victime d'une poussée de tension artérielle, selon ses avocats. L'opposant est également poursuivi pour "atteinte au moral de l'armée" dans le cadre d'une autre affaire, dont le procès a été reporté au 14 septembre.

(Re)voir le portrait de Karim Tabbou : Algérie : ouverture du procès de Karim Tabbou, figure populaire du "Hirak"
 

Chargement du lecteur...

Les ONG de défense des droits de l'homme se sont félicitées de la décision de la justice algérienne. "Algérie, Karim Tabbou enfin libéré. Grand soulagement en attendant les autres", a aussitôt twitté Saïd Salhi, le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADDH).

 

"Bonne Nouvelle : Liberté provisoire pour #KarimTabbou", a abondé Amnesty International (AI), qui avait lancé une campagne internationale en faveur de sa libération. L'ONG qui a aussi réclamé "la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus d'opinion en Algérie".

"Karim Tabbou relâché par ses ravisseurs. Il reste tous les autres. Il restera, ensuite, à libérer la justice", a néanmoins tempéré Abdellah Benadouda, fondateur de Radio Corona Internationale (RCI), une station pro-"Hirak" basée aux Etats-Unis.  

Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien, près de 70 prisonniers d'opinion sont actuellement derrière les barreaux, la plupart pour des publications sur Facebook.
 

Liberté pour Amira Bouraoui ?

"Liberté provisoire pour Amira Bouraoui avec report de son procès en appel à l'audience du 24 septembre 2020", a indiqué l'avocate Fetta Sadat sur Facebook. Tout comme Karim Tabbou, Amira Bouraoui devrait quitter la prison de Kolea, située au sud-est d'Alger, ce jeudi après midi.

Opposante farouche à l'ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika, Amira Bouraoui, condamnée le 21 juin à un an de prison ferme est poursuivie pour six chefs d'accusation, dont "offense à l'islam", "offense" au président de la République et "incitation à violer le confinement" en "exposant directement la vie d’autrui ou son intégrité physique à un danger" pendant la crise sanitaire liée au coronavirus.

Algérie : Amira Bouraoui condamnée à un an de prison ferme

Chargement du lecteur...

Ce jeudi également, deux autres figures du "Hirak" emprisonnées, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, devraient également être libérés. 
 

Geste d'apaisement ?

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a gracié mercredi soir six détenus, dont trois liés au "Hirak". La présidence a fait état de cette mesure de clémence dans un communiqué publié à l'approche du 58e anniversaire de l'Indépendance, célébré dimanche et qui est l'occasion d'appels à l'unité nationale. 

(Re)voir l'analyse de Slimane Zeghidour
 

Chargement du lecteur...

Depuis son élection le 12 décembre 2019, le président Tebboune avait décrété plusieurs grâces présidentielles au profit de milliers de prisonniers mais jusqu'à présent les détenus du "Hirak" en avaient été exclus.

Né en février 2019 d'un ras-le-bol des Algériens, le "Hirak" réclame un changement du "système" en place depuis l'indépendance en 1962.

Aller plus loin : Algérie : rencontre avec Karim Tabbou, figure du Hirak [LeMémo]
Chargement du lecteur...