Afrique

Kenya : des centaines de réfugiés interdits d'entrer aux Etats-Unis

Chargement du lecteur...
TV5MONDE

Des centaines de réfugiés somaliens se retrouvent coincés à Kakuma au Kenya.
Ils étaient pourtant plein d'espoir. L'asile aux Etats-Unis était -un temps- possible pour eux. C'était avant que Washington ne serre la vis. Aujourd'hui, le moral de ces réfugiés est au plus bas.

dans
Il y a 7 mois, à  des milliers de kilomètres de ce camp de terre sèche et de rocailles, un homme a pris une décision. 
Réduire le nombre de réfugiés qui pourront s'installer au Etats Unis. 45 000 en 2018 contre 150 000 en moyenne auparavant.
Cet homme, c'est Donald Trump, le président américain. 
D'un paraphe en bas d'une page, il a réduit à néant l'espoir ténu d'une vie meilleure de centaines d'hommes et de femmes vivant ici .
Le mari de Halima Abdi Mohammed, en a perdu jusqu'au goût de vivre.

"Je pense et je suis sûre qu'il s'est pendu à cause de la situation au camp, l'interdiction faite par Trump. Nous espérions trouver une solution durable. Mais après ça, il était désabusé, il  a décidé de passer à l'acte." HALIMA ABDI MOHAMMED, DEMANDEUSE D'ASILE 

Ici en 1992, le HCR plantait ses premières tentes. 
Aujourd'hui Kakuma est le deuxième plus grand camp de réfugiés au monde. 
Près de  200 000 hommes, femmes, enfants somaliens,  sud soudanais piégés ici.
Impossible pour de rentrer  dans leur pays d'origine disloqué par des années de guerre civile. 
Et pour nombre d'entre eux, les Etats Unis était la seule issue.

" Ils estiment que la solution à leur problème c'est l'obtention de  l'asile. Si ces personnes obtiennent une chance de réinstallation ou que Trump le leur accorde, ces personnes pensent qu'elles seront sauvées." ABDIWAHAB IBRAHIM YAKUB, CHEF RELIGIEUX 

Après le décret Trump, Alex Kalatu a vu les pensées des réfugiés s'assombrir dangereusement. 
Dépassé par le nombre de personnes suicidaires, ce psychologue en est réduit à  former des bénévoles pour l'aider à empêcher les plus fragiles de passer à l'acte.

"Une fois que leur espoir a définitivement détruit la détermination qu'ils avaient développée, leur foi en l'avenir a totalement a disparu.
Nous avons eu tellement de patients à venir avec un sentiment de désespoir, d'impuissance, que nous nous sommes dit que le nombre de patients avec des troubles émotionnels avaient augmenté. "
ALEX KALATU, AGENT DE SERVICES PSYCHOLOGIQUES 

En 2017, Alex Kalatu  a du convraincre une cinquantaine de personnes de ne pas commettre l'irréparable, contre 13 seulement en 2016.
Les cas de dépression sévères ont doublé en 7 mois seulement.