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"Rafiki" : le premier film kényan sélectionné à Cannes interdit dans son pays

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Rafiki, film Kenya, d'une femme sur des femmes, sélectionné à Cannes, interdit à Nairobi... Récit TV5MONDE, A. Delpierre, E. Cousin, V. Perez Durée 1’47

"Rafiki" est le premier film de l'histoire du cinéma kényan à être projeté à Cannes. Il le sera dans la sélection "Un certain regard", le mois prochain.
Un long-métrage signé Wanuri Kahiu qui raconte l'histoire de deux jeunes femmes amoureuses l'une de l'autre. Mais au Kenya l'homosexualité est punie par loi et le film a été interdit de diffusion pour « promotion du lesbianisme ».

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C'est l'histoire d'un coup de foudre comme il en arrive tous les jours à Nairobi, mais qu'au Kenya on ne peut raconter.

Kena et Ziki sont "Rafiki", "amies" en kiswahili. Mais quand elles tombent amoureuses l'une de l'autre, leurs vies basculent.
Dans un pays où les rapports entre deux individus de même sexe sont punis de 14 ans de prison, les deux jeunes femmes vont devoir faire un choix entre bonheur et sécurité, liberté et conservatisme.
 
Savoir que même si tu tombes amoureux et que tu veux être toi-même, tu dois réfléchir au fait que tu peux être observée et que tu peux avoir des ennuis.
Qu'est ce que les autres vont penser de toi ? Ça ma rendu folle.

Sheila Munyiva Actrice kényane
Mais aujourd'hui le film audacieux qui raconte cette histoire subit le même sort : le voilà interdit de diffusion dans son propre pays.
Dans le rôle du censeur :  Ezechiel Mutua, patron du Comité national de classification qui a déclaré "Rafiki" hors la loi.
Selon lui, le film légitime le lesbianisme et normalise l'homosexualité, contraire à la loi et la Constitution.
Un conservatisme qui déçoit la réalisatrice mais n'entame pas sa fierté.
 
"Rafiki" est le premier film kényan à être sélectionné à Cannes. Et c'est un tel honneur parce que j'ai l'impression que cela met en avant le cinéma africain. Et nous voulons faire partie du cinéma africain.
Wanuri Kahiu Réalisatrice kényane
Désormais censuré mais pas invisible, "Rafiki" fait la Une des journaux et des réseaux sociaux. Tout comme le vieux sage du même nom, il pourrait amener les Kényans à se poser les bonnes questions.