Afrique

Kenya : une commission indépendante demande à Facebook de supprimer les propos haineux en vue de l'élection présidentielle

Application Facebook dans l'App Store sur un smartphone, le 23 avril 2021.
Application Facebook dans l'App Store sur un smartphone, le 23 avril 2021.
(AP Photo/Wilfredo Lee, Fichier)

La Commission pour la cohésion et l'intégration nationales du Kenya (NCIC) a fixé vendredi 29 juillet un ultimatum de sept jours à Facebook pour supprimer des propos haineux sur sa plateforme. Elle menace de suspendre le réseau social dans le pays, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 9 août.

La NCIC, qui est chargée entre autres de traquer toute parole ou écrit susceptible d'inciter à la haine et la violence, a déclaré avoir envoyé des recommandations à la société mère de Facebook, Meta, à la suite d'un rapport selon lequel elle aurait autorisé plus d'une douzaine de messages politiques haineux.

"Si Facebook ne se conforme pas (...), nous allons recommander que Facebook soit totalement suspendu de ce pays", a déclaré le commissaire du NCIC, Danvas Makori, devant des journalistes. 

Les violences post-électorales ont fait plus de 1000 morts en 2007-2008

La NCIC est un organisme indépendant de surveillance de la cohésion ethnique mis en place après les violences post-électorales de 2007-2008 qui ont fait plus de 1.000 morts.

Ses recommandations faisaient suite à un rapport du groupe de défense Global Witness et du cabinet d'activistes juridiques basé au Royaume-Uni Foxglove affirmant que Facebook avait accepté et diffusé au moins 19 publicités appelant au viol, au massacre et à la décapitation en anglais et en swahili. 

"Notre position est très claire, ce pays est plus grand qu'une entreprise de médias sociaux ou une entité", a déclaré Danvas Makori. "Nous ne permettrons pas à Facebook ou à toute autre entreprise de médias sociaux de mettre en péril la sécurité nationale", a-t-il souligné. Sollicité par l'AFP, Facebook n'avait pas réagi dans l'immédiat. 

La NCIC n'a pas le pouvoir de suspendre Facebook mais peut faire des recommandations à l'autorité gouvernementale chargée des communications.

Des tensions communautaires importantes

 

Les Kenyans doivent élire le 9 août un nouveau président mais aussi plusieurs centaines de députés et environ 1.500 responsables de comtés. 

(Re)voir Election présidentielle au Kénya : qui sont les colistiers ?

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Avec sa population diversifiée, ce pays considéré comme la locomotive économique d'Afrique de l'est a longtemps souffert de violences communautaires à motivation politique au moment des élections, souvent imputées aux discours de haine.

Les géants de la technologie, y compris Facebook, ont été accusés de ne pas avoir pris suffisamment de mesures pour réprimer une longue liste de contenus interdits, allant des discours de haine à la désinformation et à des images d'abus sexuels sur des enfants. 

Une étude secrète réalisée par des médias britanniques a révélé que Cambridge Analytica, une société de conseil britannique, a utilisé les données personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook pour cibler des publicités politiques et diffuser des informations erronées lors des campagnes présidentielles kenyanes de 2013 et 2017.