Afrique

La pêche à la dynamite menace les fonds marins libyens

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La technique est de plus en plus répandue chez les pêcheurs libyens.
Commentaire : E. LE SCOUL|Montage : S. DUFOUR @TV5MONDE

En Libye, la pêche à l'explosif est une pratique qui se développe. L'activité est rentable mais les conséquences sur les fonds marins sont considérables, détruisant les récifs et la faune.

Ce que cet homme vient de jeter à l'eau, c'est de l'explosif. Il lui suffira de patienter quelques minutes pour voir apparaître à la surface des dizaines de poissons morts. Un procédé qui fait de plus en plus d'adeptes sur les côtes libyennes.

"C'est la raison pour laquelle le nombre de poissons baisse. Cette technique est mauvaise car elle étourdit le poisson et le déchire en morceaux de l'intérieur : ce n'est pas bon pour le consommateur" regrette Mokhtar, vendeur de poisson à Tripoli.

Le poisson fait partie des aliments quotidiens des Libyens. Si la pêche traditionnelle continue de fournir les étals des marchés, elle est désormais concurrencée par la pêche à l'explosif. Une méthode décriée à cause de ses ravages sur l'environnement.

Fathi al-Zaytouni, pêcheur au filet et poissonnier, est inquiet : "Cela tue la nourriture pour les poissons, les coraux, les oeufs : tout meurt."

La dégradation de la faune et des fonds marins n'est pas la seule conséquence. Chaque année, la pêche à l'explosif fait des dizaines de morts et de blessés.

Faible conscience écologique


Depuis la chute de Mouammar Khadafi en 2011 et la guerre civile, le trafic d'armes est répandu en Libye. Facilement accessibles, les explosifs servent à l'improvisation de bombes artisanales, sans conscience du danger, ni crainte de poursuites judiciaires.

"Nous espérons que les autorités concernées, notamment les gardes-côtes, feront leur possible pour mettre fin à cette méthode de pêche" explique Bannour Abou-Kahal, directeur du port de pêche de Garaboulli.

Il y a quelques années, les autorités religieuses avaient tenté d'interdire ce procédé, en vain. Les côtes libyennes représentent près de 2 000 km, mais les revenus de la pêche sont bien maigres.

Alors que l'économie du pays est largement dépendante des recettes pétrolières,
la pêche et l'environnement semblent bien loin des préoccupations.