L'Algérie a refoulé plus de 9.000 migrants vers le Niger depuis le début de l'année, selon l'ONU

Plus de 9.000 migrants, originaires d'une dizaine de pays africains, sont arrivés depuis janvier dans le nord du Niger après avoir été refoulés d'Algérie. Ces expulsions ont entraîné une "situation humanitaire critique", selon un rapport de l'ONU et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).        

Image
Migrants à la frontière avec l'AlgérieAP Photo/Jerome Delay

Images de trois migrants tentant de traverser la frontière algérienne avec le Niger, à Assamaka en 2018. Depuis le début de l'année 2023 plus de 9000 de ces migrants ont été expulsés.

AP Photo/Jerome Delay
Partager1 minute de lecture

Depuis le début de l'année, plus de 9.000 migrants en détresse reconduits à la frontière par l'Algérie, se sont retrouvés bloqués à Assamaka", ville située dans la région désertique d'Agadez, près de l'Algérie, indiquent le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) et l'OIM.

Selon les autorités régionales d'Agadez, 9.192 migrants (8.828 hommes, 161 femmes, 152 garçons et 51 filles), la plupart originaires d'Afrique subsaharienne, sont arrivés à Assamaka depuis le début de l'année.

En avril, le nombre des migrants à Assamaka était estimé à quelque 4.500.Débordé par l'afflux, le centre de transit géré par l'OIM ne peut prendre en charge tous les migrants et la plupart vivent dans des conditions extrêmement précaires, sans ressources pour rentrer dans leur pays, avaient constaté des journalistes de l'AFP, en avril, à Assamaka.

Tweet URL

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fourni du matériel médical, dont 2,9 tonnes de kits de médicaments. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a livré plus de 180 tonnes d'aliments. Médecins sans frontières (MSF) y a déployé des ressources humaines "supplémentaires" comme des médecins, infirmiers, ou psychologues, relève l'OCHA.

En mai, 1.446 migrants ont bénéficié des vols retour dans leurs pays, assure l'organisme onusien.

Dans un entretien au journal Jeune Afrique, le président nigérien Mohamed Bazoum a jugé fin mai "pas acceptables" les vagues de refoulement des migrants ouest-africains "qui ne sont pas entrés en Algérie via le Niger", selon lui.

Considéré comme un eldorado et un point de transit vers l'Europe, l'Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers originaires d'Afrique de l'Ouest et centrale, selon les Nations unies.

Certains de ces migrants tentent de survivre en Algérie, souvent en mendiant, quand d'autres cherchent à gagner l'Europe.