Afrique

Le festival "des Practicables", reconnecte par le théatre, un quartier populaire de Bamako

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TV5MONDE | reportage : K. MAGASSA • Récit : P. FÉRUS • Montage : S. ALAYRANGUES

Depuis quelques jours, le quartier de Médina Coura à Bamako vit au rythme du festival des Praticables. Une tranche de théatre qui amorce la renaissance du spectacle de rue au Mali.

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Le théatre de rue est un trésor. Ousmane Diarra en est convaincu. Et quand il n'est pas interpellé par les passants qui le reconnaisse, le celèbre conteur malien regrette une époque, celle de son adolescence. Quand le théatre était encore cet espace de fraîcheur dans lequel la religion ou la politique pouvaient être gentiment moqués...

"Faire de rien... quelque chose..."

"On se jouait de tout, on s'amusait de tout ici. Et c'est ça qui nous a aidé à sortir de situations très difficiles..." dit-il un brin nostalgique.
Il le répète à loisir. L'humour doit rester au cœur de la vie des Maliens.
"Quand on perd ce sens-là, non seulement ça tue la culture, les savoirs anciens, mais en fait, ce qui nous soudait. Ça défait tout quand on perd le sens de l'humour !" 
 
Ça défait tout, quand on perd le sens de l'humour !
Ousmane Diarra, auteur et conteur malien


C'est la deuxième édition du festival des Practicables. Et ici dans ce quartier de Médina Coura à Bamako,sous les yeux, du chorégraphe Daouda Keita, les répétitions vont bon train... Voici par exemple..."Parole de corps" un spectacle de mime qui reproduit des scènes quotidienne de la vie à l'école. 

Mieux intégrer les sourds et muets

L'objectif est d'initier à la danse, 12 enfants sourds et muets. Des élèves choisis soigneusement par le chorégraphe.

 "Dans tous les lieux publics, ces enfants ont des problèmes." dit Daouda Keita. "Moi, la langue des signes m'interpelle, alors je me suis dit. Pourquoi ne pas les accompagner. Pour qu'ils s'expriment" 

Tous ces spectacles collent à une thématique. "Faire de rien... quelque chose..."

Et justement, l'air de rien... la nuit est tombée sur Bamako...

La magie opère à la nuit tombée

Place au vrai spectacle. Place à une création collective menée avec les aides ménagères du quartier. Un spectacle à l'accent social pour ces adolescentes, pas toujours considérées... et  appelées, les petites bonnes de Bamako...

"Nous sommes venus au théâtre pour montrer aux populations de Bamako nos difficultés au quotidien avec nos patrons," souligne Salimata Konaté. La jeune femme qui est devenu actrice le temps de ce festival ajoute : "Nous voulons montrer que nous ne sommes pas des moins que rien."

Et ce soir, les écoliers sont autorisés à veiller un peu plus tard. Le spectacle muet répeté dans l'après midi prend toute sa dimension sous leur yeux ébahis...

Le festival des Praticables se déroule encore jusqu'à samedi...