Afrique

Le patron du premier groupe de médias privé algérien Ennahar, Anis Rahmani, condamné à 10 ans de prison

Des Algérois manifestent en faveur du Hirak, ce mouvement pro-démocratie, le 2 avril 2021 dans Alger. La chaine de TV d'informatio en continu Ennahar TV etait accusé de propagande contre le mouvement du Hirak.<br />
 
Des Algérois manifestent en faveur du Hirak, ce mouvement pro-démocratie, le 2 avril 2021 dans Alger. La chaine de TV d'informatio en continu Ennahar TV etait accusé de propagande contre le mouvement du Hirak.
 
AP Photo/ Fateh Guidoum

Le PDG du premier groupe de médias privé algérien Ennahar, Anis Rahmani, a été condamné le 13 juin par un tribunal algérois à dix ans de prison ferme pour des faits de corruption. L'homme était un proche du clan Bouteflika et avait marqué son opposition au président Tebboune.
 

De son vrai nom Mohamed Mokaddem, Anis Rahmani, 50 ans, purgeait déjà une peine de trois ans de prison dans une autre affaire. Il servira à présent seulement la nouvelle sentence, plus lourde, puisque les peines de prison en Algérie ne sont pas cumulables.

Anis Rahmani était poursuivi par le tribunal de Sidi Mhamed à Alger pour "mauvais usage des fonds de la Sarl El-Athir Presse (relevant du groupe Ennahar)", "infraction à la règlementation des changes" , "trafic d'influence pour l'obtention d'avantages indus" et "fausse déclaration", selon l'agence officielle APS.
 

Par ailleurs, El-Athir Presse a été condamné à une amende de 32 millions de dinars (près de 209.000 euros) avec versement d'une indemnité de 10 millions de dinars (plus de 65.000 euros) au profit du Trésor public.

En mars 2021, Anis Rahmani, a  été condamné en appel dans une autre affaire à trois ans de prison ferme pour avoir illégalement enregistré et diffusé en octobre 2018 une communication téléphonique qu'il avait eue avec un colonel du renseignement.

Un proche du clan Bouteflika

Le 15 octobre 2020, le PDG d'Ennahar avait déjà été condamné à six mois de prison ferme pour diffamation dans une autre affaire qui l’opposait au directeur de la revue arabophone Echourouk El-Arabi, Yassine Fodil.

Considéré comme un journaliste spécialiste des questions sécuritaires, il a été visé par d'autres plaintes pour diffamation, selon les médias algériens.

Lancée en 2012, Ennahar TV, chaîne d’information en continu, se targue d’être "la première chaîne d’info en Algérie". Mais elle a été critiquée pour être une arme contre les opposants au "système" de l'ancien président feu Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission en 2019 sous la pression de l'armée et du Hirak, un mouvement de contestation.

Opposition à Tebboune en 2019

Le 15 octobre, le magnat déchu avait déjà été condamné à six mois de prison ferme pour diffamation dans une affaire qui l’opposait à Yassine Fodhil, directeur de la revue arabophone Echorouk El-Arabi.

Autrefois proche de de Saïd Bouteflik, Anis Rahmani fait également l’objet d’une enquête pour corruption. Il est aussi poursuivi dans plusieurs dossiers, notamment pour « acquisition d’avantages indus » et « détention de comptes bancaires à l’étranger ».

Lors de la campagne pour l'élection  présidentielle de décembre 2019, la chaîne avait attaqué le candidat Abdelmadjid Tebboune, devenu président.

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