Le président ghanéen affirme que Wagner est au Burkina Faso, pas de commentaires de Ouagadougou

Le groupe paramilitaire russe Wagner est-il présent au Burkina Faso ? Oui, selon le président ghanéen Nana Akufo-Addo qui l'a affirmé depuis les États-Unis lors d'une entrevue avec le chef de la diplomatie américaine. De son côté, Ouagadougou se refuse à tout commentaire.
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Le président du Ghana Nana Akufo-Addo
Le président du Ghana Nana Akufo-Addo lors de la 77ème assemblée générale de l'ONU le 21 septembre 2022. Akufo-Addo, lors du sommet États-Unis - Afrique le 15 décembre a affirmé que le Burkina Faso a passé un accord avec les mercenaires Wagner pour combattre le djihadisme en échange de l'exploitation d'une mine.
© AP Photo/Jason DeCrow, File
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Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a affirmé mercredi que son voisin le Burkina Faso avait "conclu un arrangement" avec le groupe paramilitaire russe Wagner, une déclaration que le gouvernement de Ouagadougou n'a pas souhaité commenter jeudi.

"Le Burkina Faso a désormais conclu un arrangement pour, comme le Mali, employer des forces de Wagner. Je crois qu'une mine dans le sud du Burkina leur a été allouée comme une forme de paiement pour leurs services", a-t-il déclaré lors d'une entrevue aux Etats-Unis avec le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken.

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Selon le chef de l'Etat ghanéen, "les mercenaires russes sont à la frontière nord" du Ghana, ce qui est "particulièrement inquiétant"

Nous n'avons aucune réaction. Je lui laisse la responsabilité de ce qu'il [le président ghanéen] a dit

Jean-Emmanuel Ouedraogo, porte-parole du gouvernement burkinabè

"Nous n'avons aucune réaction. Je lui laisse la responsabilité de ce qu'il a dit", a répondu à l'AFP le porte-parole du gouvernement burkinabè Jean-Emmanuel Ouedraogo. 

Dans plusieurs pays d'Afrique francophone, Moscou mène une campagne d'influence active notamment sur les réseaux sociaux et jouit d'un soutien populaire grandissant quand la France, ex-puissance coloniale, y est de plus en plus vilipendée.

Plusieurs pays accusent la junte au pouvoir au Mali d'avoir recours aux services de Wagner, réputé proche du régime de Moscou, ce que Bamako dément. 

Mali : le collectif "All eyes on Wagner" publie son rapport

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Visite à Moscou du Premier ministre burkinabé

La question d'un éventuel rapprochement avec la Russie se pose également au Burkina depuis le coup d'Etat du 30 septembre, le deuxième en huit mois, qui a porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traoré, alors que le pays peine à faire face à des attaques djihadistes meurtrières récurrentes depuis 2015.

Lundi, le Premier ministre burkinabè, Apollinaire Kyélem de Tembela, a rencontré à Moscou le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov pour évoquer "les questions prioritaires du renforcement des relations" entre les deux pays, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Nous essaierons, autant que possible, de diversifier nos relations de partenariat jusqu’à trouver la bonne formule pour les intérêts du Burkina Faso

Kyélem de Tembela, Premier ministre du Burkina Faso

Interrogé sur ce voyage, le porte-parole du gouvernement burkinabè n'a pas souhaité faire de commentaire.

M. Kyélem de Tembela avait affirmé fin octobre qu'il n'excluait pas de rééxaminer les "rapports" de son pays avec la Russie.

"Nous essaierons, autant que possible, de diversifier nos relations de partenariat jusqu’à trouver la bonne formule pour les intérêts du Burkina Faso. Mais il ne sera pas question de nous laisser dominer par un partenaire, quel qu’il soit", avait-il dit mi-novembre.

Blinken exprime ses craintes concernant Wagner

Jeudi soir, le chef de la diplomatie américaine a réitéré ses craintes concernant le groupe russe.

"Dès que Wagner se déploie, les pays se trouvent dans une position plus faible, plus pauvre, moins en sécurité et moins indépendant", a alerté Antony Blinken lors d'une conférence de presse en clôture du sommet Etats-Unis-Afrique de trois jours à Washington.

(Re)lire : Mali : une situation sécuritaire considérablement dégradée depuis l'arrivée de Wagner, selon le département d'État américain

"Nos partenaires africains nous disent qu'ils ne veulent pas voir leurs ressources se faire exploiter, ils ne veulent pas que les droits humains soient bafoués, ils ne veulent pas que leur gouvernance soit sapée, donc au bout du compte, ils ne veulent vraiment pas de Wagner", a-t-il ajouté. 

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