Afrique

Le Sénégal entre psychose et traque, après des rapts et des meurtres d'enfants en série

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©TV5MONDE / Commentaire : E. Godard - Images : M. Chevance - Montage : J. Chevallier

Le Sénégal en émoi, après deux meurtres et cinq tentatives d'enlèvements d'enfants ces derniers jours. Sans compter d'autres cas, non confirmés par les autorités et rapportés par la presse locale. Le président sénégalais Macky Sall appelle à "traquer" les malfaiteurs.

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La famille toute entière s'est réunie chez Badou et Khady Diop. Lundi 19 mars 2018, leur fils de deux ans a été retrouvé mort à Rufisque, près de Dakar. Son corps gisait dans un sac poubelle à quelques mètres de chez eux. Le petit Fallou avait disparu depuis cinq jours, alors qu'il jouait avec sa soeur jumelle devant la maison familiale. 

"C'est trop difficile, On a pas mangé de la journée. On est en deuil. C'est vraiment difficile. Je n'ai jamais pensé que ça pouvait se passer au Sénégal. On prie pour que l'Etat fasse quelque chose, qu'on nous dise qui a fait ça", a déclaré le père de l'enfant tué, Badou Diop.

Pour le moment, la police a très peu de pistes... Crime rituel ou fait divers, le mobile aussi reste un mystère. 

Psychose après 3 meurtres et 5 tentatives de rapt

Dans le quartier de Rufisque où le drame s'est produit, à une trentaine de kilomètres de Dakar, les rues sont désertes. Les parents interdisent à leurs petits de jouer sans surveillance. Ousmane Diouf a 5 enfants, et depuis le drame, il est très vigilant. "Mes enfants, je leur dis de ne pas sortir. Je les fais rentrer dans la maison", confie-t-il.
 
On n'a pas l'habitude de fermer les portes de chez nous. La peur ne concerne pas que les plus jeunes, les grands aussi on peut les enleverOusmane Diouf, père de famille
La psychose prend de l'ampleur... Depuis un mois, trois enfants ont été assassinés. Cinq autres auraient été victimes de tentatives d'enlèvement. A l'Assemblée nationale aussi, les députés sont préoccupés... Le député Ousmane Sonko souhaite proposer une loi qui alourdit les peines pour les tueurs d'enfants, jusqu'à la peine de mort. "Nous pensons que lorsque des peines très très sévères sont prévues pour certains délits, évidement les auteurs sont portés à y regarder à plusieurs reprises avant de commettre ces crimes-là", affirme-t-il.

Plus de policiers pour "traquer" les criminels

La police a été renforcée en moyens matériels et humains pour faire face à ces crimes, a déclaré à la presse Abdoulaye Diop, directeur de la Sécurité publique au ministère de l'Intérieur le mardi 20 mars 2018. Depuis une semaine, une nouvelle unité de force spéciale patrouille pour lutter contre les rapts d'enfants. Aucun suspect n'a pour le moment été appréhendé.

Vendredi 23 mars 2018, le président sénégalais Macky Sall a réagi, après une série d'enlèvements et meurtres d'enfants ayant créé une psychose au Sénégal.
"J'ai appris avec douleur ces rapts d'enfants suivis de meurtres. J'ai déjà donné des instructions les plus fermes" aux forces de sécurité pour "traquer ces malfaiteurs, les traduire devant la justice", a déclaré Macky Sall sur la radio privée RFM. 
 
"Le Sénégal se mobilisera plus que par le passé pour mettre un terme définitif à ces actes regrettables. C'est ignoble, c'est inacceptable et le Sénégal ne saurait tolérer cela."Macky Sall, président du Sénégal