Le Sénégal sous le choc après l'agression au couteau de la journaliste Maïmouna Ndour Faye

En cette période de crise politique liée au report de la présidentielle, l'ensemble des médias sénégalais et la classe politique a unanimement condamné l'agression à coups de couteau de la journaliste et directrice de chaîne de télé Maïmouna Ndour Faye dans la nuit du 28 au 29 février à Dakar. 

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manifestation journlaistes sénégalais

Des journalistes sénégalais se rassemblent devant les locaux de la chaîne 7TV en soutien à leur consœur Maimouna Ndour Faye, Dakar, le 1er mars 2024.

Carl Klink / AFPTV / AFP
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L'agression d'une journaliste dans la nuit de jeudi à vendredi près de son domicile à Dakar suscite une vive indignation au Sénégal, plongé dans une grave crise politique depuis le report de l'élection présidentielle.

"Un acte barbare injustifiable" titre le journal gouvernement sénégalais Le Soleil

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Maimouna Ndour Faye, journaliste et directrice générale de la chaîne privée 7TV, a été "sauvagement agressée et violemment poignardée de trois coups de couteau près de chez elle" à Dakar, a indiqué la chaîne dans un communiqué. 

"Elle a été aussitôt hospitalisée et son état reste stable", ajoute 7TV. 

Sur son compte Facebook, la chaîne affiche une série de Une de la presse sénégalaise dénonçant l'agression.

Le mobile de l'agression est pour le moment inconnu. 

Animatrice d'une émission très suivie, "L'invité de MNF", où elle reçoit souvent des personnalités politiques, Maimouna Ndour Faye est connue pour son franc-parler et ses positions parfois polémiques. Elle a indiqué par le passé avoir fait l'objet de menaces de mort. 

Un groupe d'organisations de défense des droits humains de la société civile sénégalaise appellent à une enquête et un procès équitable pour l'auteur toujours en fuite. Ces ONGs soulignent que cette agression "s'inscrit dans une série d'attaques contre des journalistes et des médias ces dernière années et qui sont restées dans la plupart des cas impunies".

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RSF rappelle pour sa part que Maïmouna Ndour Faye fait partie d'une vingtaine de journalistes attaqués durant le mois de février au Sénégal, marquée par une crise politique depuis la décision de reporter l'élection présidentielle prévue initialement le 25 février. 

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Vendredi matin, les réseaux sociaux ont relayé des images montrant la journaliste allongée sur une civière, ses habits rouges de sang, la main appuyée sur le ventre.  

"Je condamne fermement cet acte de violence lâche et inexcusable contre la journaliste Maimouna Ndour Faye", a réagi le président Macky Sall dans un message sur son compte X.

"La liberté de la presse est un droit fondamental qui doit être protégé et respecté en toutes circonstances. Aucune forme de violence ne saurait être tolérée, et les responsables de cette agression devront répondre de leurs actes devant la justice", a-t-il ajouté.

La coalition de l'opposition "Diomaye Président" a également condamné une "attaque brutale" et "odieuse" contre la journaliste et a demandé aux autorités de faire le nécessaire pour élucider cette affaire.

En fin d'après-midi, plusieurs dizaines de journalistes se sont rassemblés devant les locaux de la 7TV pour témoigner de leur soutien à leur consoeur, certains portant des pancartes où on pouvait lire: "La presse poignardée! Le Sénégal saigne".

Plusieurs d'entre eux ont appelé "les autorités à assurer la sécurité des journalistes".

Des responsables politiques de tous bords sont également venus apporter leur soutien à la journaliste et rappelé leur attachement à la liberté de la presse.