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Législatives en Côte d'Ivoire : quelles principales forces en présence ?

Bureau de vote à Abidjan lors de l'élection présidentielle. Abidjan, Côte d'Ivoire, 31 octobre 2020
Bureau de vote à Abidjan lors de l'élection présidentielle. Abidjan, Côte d'Ivoire, 31 octobre 2020
© AP / Leo Correa

Un peu plus de quatre mois après une élection présidentielle contestée, les Ivoiriens sont de nouveau appelés aux urnes, samedi 6 mars, pour les élections législatives. Pour la première fois depuis une décennie, la quasi-totalité des forces d’opposition participe au scrutin. La campagne, qui s’achève jeudi 4 mars, s’est déroulée dans le calme. Focus sur les trois partis dominants.

  • Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP)

En 2018, le président Alassane Ouattara, réélu en fin d’année dernière, transforme son parti, le Rassemblement des républicains (RDR), en un "parti unifié", le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Outre l'ex-RDR, le RHDP se compose de dissidents du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ex-parti unique, au pouvoir de 1960 à 1999) et de deux petits partis.

Le PDCI de l'ancien président, Henri Konan Bédié, était encore allié de M. Ouattara lors des dernières élections législatives, en décembre 2016. Mais l’union est rompue en 2019.

Il y a cinq ans, le RHDP, incluant encore le PDCI, avait remporté la majorité absolue avec 167 sièges sur 255.

  • Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS)

La coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) est fondée le 20 avril 2017. Elle rassemble des partisans de l'ancien président, Laurent Gbagbo, au sein de formations d'opposition et d’associations de la société civile. Le Front populaire ivoirien (FPI) de M. Gbagbo en est la force motrice.

Dirigée par un médecin, Georges Armand Ouegnin, la formation a été mise en place pour contrer une aile du FPI dirigée par l'ancien premier ministre, Pascal Affi N'Guessan.

Deux FPI coexistent depuis 2011. Celui des "Gbagbo ou rien (GOR)" boycottait tous les scrutins depuis dix ans. Le FPI des "rénovateurs", représenté par Pascal Affi N'Guessan, participe à la vie politique du pays. Ce dernier avait obtenu quatre sièges aux législatives de 2016.

Pour celles de samedi, il a formé une coalition avec l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI) de l'ancien ministre, Albert Mabri Toikeusse, et le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (Cojep) de l'ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, Charles Blé Goudé, pourtant proche de Laurent Gbagbo.

(Re)voir : Législatives en Côte d'Ivoire : le FPI tente de s'unir pour remporter les élections
 
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  • Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI)

Fondé en 1946 par Félix Houphouët-Boigny, "père de l'indépendance" et président de 1960 à 1993, le parti a régné jusqu'au coup d'Etat de Noël 1999 contre le chef de l'Etat, Henri Konan Bédié.

Le PDCI perd pour la première fois la majorité à l'Assemblée à l’occasion des législatives de 2000. Il récolte alors 94 sièges contre 96 pour le FPI de Laurent Gbagbo, fraîchement élu président.

En s'alliant avec le RDR au second tour de la présidentielle de novembre 2010, il permet la victoire de M. Ouattara grâce à un bon report de voix.

Pour éviter la constitution d'un "pouvoir absolu" du président Ouattara, le PDCI libéral a passé pour ces législatives une alliance électorale avec la coalition EDS, socialiste.

(Re)voir : Côte d'Ivoire : Guillaume Soro ne se présentera pas aux législatives

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