Les condamnations à mort augmentent en Afrique

Plus des deux tiers des pays dans le monde ont aboli la peine de mort. Mais les exécutions dans les pays non abolitionnistes ont atteint pour l'année 2023 un niveau non égalé depuis 2015. C'est ce qu'indique un rapport de l’ONG Amnesty Internationale. Un pays se distingue particulièrement en Afrique : la Somalie

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Un homme passe devant le logo d'Amnesty International dans son bureau de Hong Kong le lundi 25 octobre 2021.
©AP Photo/Vincent Yu
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Le nombre d’exécutions a atteint son plus haut niveau dans le monde depuis 2015. Si l’Iran est le principal responsable de cette évolution, la Somalie n’est pas en reste. Celles recensées ont été "multipliées par plus de six, passant de 6 en 2022 à 38 en 2023", explique l’ONG Amnesty International dans son rapport annuel.

Le pays arrive même en 4e position à l’échelle mondiale, derrière la Chine (plus de 1000), l’Iran (plus de 850) et l’Arabie Saoudite (172). Il est le seul État à avoir procédé à des exécutions en Afrique subsaharienne. Le pays exécute par balle ses condamnés à mort.

Un autre pays de l’Union africaine continue de procéder à des exécutions : l’Égypte. Le pays mené par Abdel Fattah al-Sissi a mis à mort 8 personnes en 2023. "Le nombre d’exécutions recensées a diminué de 67 % par rapport à 2022, mais 590 nouvelles condamnations à mort ont été prononcées", poursuit le rapport.

Amnesty Internationale accuse l’Égypte de prononcer des condamnations à mort à l’issue de procédures qui ne respectent pas les normes internationales relatives à l’équité des procès. L’ONG note aussi que des "aveux" ont sans doute été arrachés au moyen de la torture ou d’autres mauvais traitements. Les mises à mort s’effectuent par pendaison.

Un continent en voie d'abolir la peine de mort

En revanche, une nette baisse des sentences capitales a été constatée dans plusieurs pays africains. L’Algérie est passée de 54 condamnations en 2022 à plus de 38 en 2023. La Gambie est passée de neuf à moins de cinq, la République démocratique du Congo de plus de 76 à plus de 33, la Tanzanie de 11 à moins de trois, et la Tunisie de plus de 26 à moins de trois.

La peine capitale est encore inscrite dans le code pénal d’une trentaine de pays africains, sans nécessaire être appliquée. En effet, 43 des 54 pays du continent n'ont plus signé d'ordre d'exécution depuis 2010. 4 pays.

Dans quatre pays d'Afrique subsaharienne, le corps législatif évolue dans le sens de l'abolition. En juillet, le Parlement du Ghana s'est prononcé en faveur de deux propositions de loi supprimant la peine capitale. La situation est similaire au Kenya en août et septembre 2023. Au Zimbabwe, la proposition d'interdire aux tribunaux de prononcer la peine de mort a été publié au Journal officiel du pays en décembre. Enfin, au Liberia, le projet de loi est toujours en instance devant la Chambre des représentants.