Afrique

Libye : 45 candidats pour diriger la transition vers les élections

Le Premier ministre libyen reconnu par la communauté internationale, Fayez el-Sarraj (à gauche) au côté du président turc, Recep Tayyip Erdogan, en janvier 2020.
Le Premier ministre libyen reconnu par la communauté internationale, Fayez el-Sarraj (à gauche) au côté du président turc, Recep Tayyip Erdogan, en janvier 2020.
Associated Press

Alors que les camps du maréchal Haftar et du premier ministre Fayez el-Sarraj observent une trêve depuis novembre dernier, l'Organisation des Nations Unies a dévoilé la liste des candidats au futur Conseil présidentiel de transition et au poste de Premier ministre. Ils entreront en poste début février jusqu'aux élections prévues en décembre prochain. 

La mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a dévoilé, samedi, la liste des candidats du futur Conseil présidentiel intérimaire et du poste de premier ministre. Ils devront être désignés la semaine prochaine, en Suisse, pour assurer la transition d'ici les élections qui se devraient se tenir le 24 décembre prochain.

Les participants au dialogue politique interlibyen, entamé en novembre sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies (ONU), se réuniront du 1er au 5 février pour "voter sur la composition du Conseil de la présidence, qui serait formé de trois membres, et d'un Premier ministre, assisté de deux adjoints", selon l'organisation.

Ce conseil transitoire aura pour objectif de "réunifier les institutions de l'État et d’assurer la sécurité" jusqu'à la date du scrutin, selon la même source.

45 noms composent la liste où ne figure que trois femmes. On y retrouve des poids-lourds de la politique locale aussi bien à l'Ouest qu'à l'Est, les deux grandes régions qui se disputent le pouvoir, mais aussi dans le Sud.

A commencer par le puissant ministre de l'Intérieur, Fathi Bachagha, du Gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli (Ouest), candidat au poste de Premier ministre. 

Très respecté dans son fief, la ville côtière de Misrata, pourvue de puissantes milices, son nom était souvent cité parmi les successeurs potentiels de l'actuel Premier ministre Fayez al-Sarraj. La relation entre les deux hommes est décrite comme conflictuelle. 

(Re)voir : Libye : "Tout le monde dialogue avec Haftar"

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Un ambassadeur et un commandant durant le soulèvement de 2011

Un autre Misrati, l'ambitieux homme d'affaires et vice-président du Conseil présidentiel de Tripoli, Ahmed Meitig, brigue lui aussi le poste de Premier ministre de transition, alors que le ministre de la Défense, Salaheddine al-Namrouche, vise le Conseil présidentiel.

Toujours en Tripolitaine, en vue d’une place au Conseil présidentiel, se positionne l'actuel président du Haut Conseil d'Etat (l'équivalent d'une chambre haute), Khaled Al-Mechri, ainsi qu'Oussama Jouili, l'un des commandants ayant participé au soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011. 
 

A l'Est, figurent parmi les candidats les plus notables, le président du Parlement de Tobrouk, Aguila Saleh, un discret juriste issu d'une influente tribu de Cyrénaïque, la province orientale, et Mohamad al-Barghathi, ambassadeur de Libye en Jordanie. Tous deux sont candidats au Conseil présidentiel. 

Pour rappel, la Libye est embourbée dans la crise depuis une décennie. Deux autorités s'y disputent le pouvoir : le GNA reconnu par la communauté internationale, et un pouvoir parallèle à l'Est incarné par le maréchal Khalifa Haftar.

Depuis l'échec des pro-Haftar à s'emparer de Tripoli l'an dernier, au terme de plus d'un an de combats aux portes de la capitale, les tentatives de médiations se multiplient. Un accord de cessez-le-feu est observé depuis l'automne entre les deux parties.

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