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Libye : les autorités rivales annoncent l'arrêt des combats et de prochaines élections

Le chef du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, lors du 30ème sommet arabe à Tunis, en mars 2019.
Le chef du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, lors du 30ème sommet arabe à Tunis, en mars 2019.
Fethi Belaid/ Pool photo via AP

Les autorités rivales en Libye ont annoncé séparément vendredi 21 août l'organisation d'élections prochainement et la cessation de tous les combats sur le territoire. Une "entente" saluée par l'ONU et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Fayez al-Sarraj, chef du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, a appelé à la tenue d'"élections présidentielles et parlementaires en mars prochain sur une base constitutionnelle qui bénéficie du consensus de tous les Libyens", selon un communiqué publié sur Facebook.

De son côté, Aguila Saleh, président du Parlement, basé dans l'est du pays, a, lui, annoncé dans un communiqué distinct des élections, sans avancer de date, et demandé à "toutes les parties" d'observer "un cessez-le-feu immédiat et l’arrêt de tous les combats sur tout le territoire libyen".
Aussitôt après la diffusion des communiqués, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays a envisagé de déployer des troupes en Libye voisine, s'est félicité de l'annonce des autorités rivales.

"Je salue les déclarations du Conseil présidentiel libyen et de la Chambre des représentants appelant à un cessez-le-feu et à l’arrêt des opérations militaires sur tout le territoire libyen", a déclaré M. Sissi dans un tweet.

La Libye, théâtre de conflits depuis 2011

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie à de multiples conflits et à une lutte d'influence entre deux autorités rivales: le GNA, et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est qui a le soutien d'une partie du Parlement élu et notamment de son président, Aguila Saleh.

Le GNA, appuyé par Ankara, a réussi à repousser une offensive du maréchal Haftar lancée en avril 2019 contre Tripoli, reprenant en juin le contrôle de l'ensemble du nord-ouest du pays.

Après plus d'un an de combats meurtriers, M. Sarraj a "ordonné à toutes les forces armées un cessez-le-feu immédiat et l’arrêt de toutes les opérations de combat sur tout le territoire libyen", ce qui permettra selon lui, de créer des zones démilitarisées à Syrte (nord) et dans la région de Joufra, plus au sud, actuellement sous le contrôle des pro-Haftar.

Dans le communiqué d'Aguila Saleh, diffusé vendredi par la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), M. Saleh ne mentionne cependant pas la démilitarisation de Syrte et Joufra mais propose l'installation d'un nouveau gouvernement à Syrte, ville natale de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi puis bastion du groupe Etat islamique (EI).

Pour sa part, la Manul a accueilli "chaleureusement l'entente dans les déclarations d’aujourd’hui du Premier ministre (Fayez) al-Sarraj et du Président Aguila (Saleh), appelant à un cessez-le-feu et à la reprise du processus politique".

Le GNA, appuyé par Ankara, a réussi à repousser une offensive du maréchal Haftar lancée en avril 2019 contre Tripoli, reprenant en juin dernier le contrôle de l'ensemble du nord-ouest du pays.

Après 14 mois de combats meurtriers, les pro-Haftar se sont retirés vers Syrte, ville côtière à 450 km à l'est de Tripoli.