L'UE annule sa mission d'observation pour les élections en RDC pour des raisons "techniques"

L'Union européenne annonce qu'elle annulait sa mission d'observation électorale en République démocratique du Congo (RDC). Elle invoquant des raisons "techniques".

Image
Supporters élections

Les partisans du président Félix Tshisekedi se rassemblent dans un stade pour assister à un meeting de campagne avant les élections présidentielles, à Kinshasa, République démocratique du Congo, le 19 novembre 2023.

AP Photo/Samy Ntumba Shambuyi
Partager2 minutes de lecture

"En raison de contraintes techniques échappant au contrôle de l'UE, nous sommes contraints d'annuler la mission d'observation électorale", déclare la porte-parole du service diplomatique de l'Union européenne, Nabila Massrali, dans un communiqué publié ce 29 novembre. La veille, l'UE avait déclaré que ses observateurs électoraux arrivés en RDC n'avaient pas pu "se déployer à travers le pays pour raisons de sécurité", ce qui rendait leur mission "impossible".

Nabila Massrali précise que des équipements de télécommunications essentiels n'avaient pas pu être mis à disposition des observateurs déployés dans le pays en vue des scrutins du 20 décembre prochain. "L'UE encourage les autorités de la RDC et toutes les parties prenantes à poursuivre leurs efforts pour faire en sorte que le peuple congolais puisse exercer pleinement ses droits politiques et civils légitimes lors des prochaines élections", ajoute la porte-parole, citée dans le communiqué.

D'autres options sur la table

Elle ajoute que "l'UE étudie d'autres options avec les autorités congolaises, y compris la possibilité de maintenir une mission d'experts électoraux afin d'observer le processus électoral depuis la capitale". La République démocratique du Congo, vaste pays d'Afrique centrale de près de 100 millions d'habitants, doit organiser des élections législatives et présidentielle le 20 décembre, au cours desquelles le président sortant Félix Tshisekedi, âgé de 60 ans, brigue un second mandat.

TV5 JWPlayer Field
Chargement du lecteur...

Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir lors des dernières élections de 2018. De nombreux observateurs, y compris des représentants de l'Église catholique en RDC, avaient alors estimé qu'elles étaient entachées d'irrégularités. Cette mission d'observation électorale européenne, la première en RDC depuis plus de 10 ans, avait été annoncée début novembre par le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell. "Les prochains mois seront décisifs pour la consolidation démocratique en RDC et la coopération bilatérale entre la RDC et l'UE", avait-il souligné.

Un pays en proie à la violence des groupes armés

La RDC est secouée depuis près de 30 ans par des violences de groupes armés dans l'est du pays, où des soldats de maintien de la paix de l'ONU et de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est (EAC) sont déployés. Ces violences connaissent actuellement un pic avec le retour d'un ancien mouvement de rébellion, le M23 ("Mouvement du 23 mars"), soutenu par le Rwanda voisin selon de nombreuses sources.

Le gouvernement du président Tshisekedi a décidé de ne pas renouveler au-delà du 8 décembre le mandat de la force de l'EAC déployée pour lutter contre le M23. Parallèlement, la Mission de maintien de la paix de l'ONU en RDC (Monusco), présente en RDC depuis 1999, a déclaré la semaine dernière avoir signé avec le gouvernement un plan de retrait de ses 14 000 Casques bleus déployés dans le pays.