Afrique

Lutte antidjihadiste au Sahel : le Niger et le Burkina Faso appelle le Mali "à revenir assumer ses responsabilités"

Des parachutistes du Burkina Faso s'entraînent avec les forces spéciales néerlandaises lors d'un exercice annuel de lutte contre le terrorisme dirigé par l'armée américaine à Thiès, au Sénégal, le 18 février 2020.
Des parachutistes du Burkina Faso s'entraînent avec les forces spéciales néerlandaises lors d'un exercice annuel de lutte contre le terrorisme dirigé par l'armée américaine à Thiès, au Sénégal, le 18 février 2020.
Cheikh A.T Sy (AP)

Le Burkina Faso et le Niger ont invité, lundi 22 août, Bamako à "revenir assumer ses responsabilités", dans le cadre d'une coopération sous-régionale dans la lutte antidjihadiste. Depuis mai 2022, le Mali a quitté le G5 Sahel et sa force conjointe.

Depuis la mi-mai, le Mali a décidé de se retirer du G5 Sahel et de sa force conjointe, chargée de lutter contre les mouvances djihadistes. Une décision prise par les autorités de transition alors empêchées d'en assurer la présidence.

Pour justifier ce retrait, elles ont invoqué une "perte d'autonomie" et "une instrumentalisation" au sein de l'organisation régionale formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger. 
  "Nous avons passé (...) en revue la situation sous-régionale et nous avons pensé que le Mali (...) est aujourd'hui le grand absent de la coopération dans le domaine de la défense, a déclaré le ministre de la Défense du Niger, Alkassoum Indattou. Il faut qu'on travaille pour que le Mali puisse revenir et assumer ses responsabilités et jouer son rôle."

Ce dernier, accompagné de son homologue burkinabé, le général Barthélemy Simporé, s'exprimait au sortir d'une rencontre avec le président de la transition au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba.

"Au-delà de ces opérations, nous envisageons de faire d'une manière plus régulière et permanente des opérations sur le terrain entre les différentes forces armées pour faire en sorte qu'elles occupent le terrain, prennent le contrôle et ne puissent pas laisser un seul centimètre, aussi bien au Niger qu'au Burkina Faso, aux terroristes", a encore affirmé le ministre nigérien.

(Re)voir : Niger : "Le G5 Sahel est un échec"
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Une centaine de milliers de déplacés

Du 2 au 25 avril, les soldats des deux armées nigérienne et burkinabé avaient mené une opération conjointe dénommée Taanli 3 ("alliance" ou "cohésion", en langue gulmacéma parlée dans l'est du Burkina Faso). Celle-ci avait pour objectif de permettre la neutralisation d'"une centaine de terroristes", selon les deux états-majors. 

Le Burkina Faso et son voisin le Niger font face depuis plusieurs années à des attaques djihadistes régulières et meurtrières attribuées à des groupes djihadistes affiliés à l'organisation Etat islamique (EI) et à Al-Qaïda. 

Elles ont fait des milliers de morts dans les deux pays et des centaines de milliers de déplacés fuyant leurs foyers.