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Madagascar : comment comprendre la crise politique ?

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La démission, ce lundi 4 juin 2018, du Premier ministre malgache Olivier Mahafaly Solonandrasana laisse apercevoir une sortie de crise à Madagascar. Mais d'où vient cette crise ? Comment l'expliquer ? Décryptage.

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Si Olivier Mahafaly Solonandrasana, le Premier ministre malgache a démissionné, le président Hery Rajaonarimampianina est toujours au pouvoir. Depuis plus d'un mois, l'opposition manifeste pour obtenir le départ du président, élu en 2014. Il y a moins d'une semaine, il affirmait encore sa volonté de rester à son poste : "quitter le pouvoir, ce serait trahir le peuple malgache".

Une nouvelle crise politique pour un pays qui en est coutumier. Ce fut le cas en 2002 (l'élection de Marc Ravalomanana à la présidentielle avait été contestée par Didier Ratsiraka) et en 2009 (Andry Rajoelina a fait tomber Marc Ravalomanana à la suite d'un putsch militaire et de manifestations populaires). La crise a perduré jusqu'à la fin 2013 (date de l'élection de Hery Rajaonarimampianina). À l'origine de la crise actuelle, l'adoption de nouvelles lois électorales très contestées qui favorisent, à l'approche des prochaines élections, le pouvoir en place.

> Lire en complément : Madagascar : ces lois électorales qui cristallisent la contestation

D'autres facteurs socio-économiques ont un impact sur les crises politiques à répétition dans le pays.

En premier lieu, il existe un fort clivage entre la population et les élites. Un clivage qui est renforcé par la structure même de la société : du fait de la répartition de la population dans le pays et du manque d'engagement associatif, les doléances du peuple sont difficilement communiquées au gouvernement.

Pourtant, Madagascar possède de nombreuses richesses naturelles. Dans le même temps, la pauvreté de la population incite des entreprises internationales, notamment dans le textile, à implanter leurs usines dans le pays et d'exploiter la main d'oeuvre locale à moindre coût. 

Si la crise de cette année rappelle les précédentes, un paramètre a changé : l'armée. Elle se positionne cette fois en arbitre du conflit. Les militaires ont encadré les manifestations sans pour autant les interdire. Reste à voir ce qu'elle fera par la suite.