Afrique

Mali : accord pour une intégration de 26.000 ex-rebelles dans l'armée

Des soldats maliens sont acclamés par la population alors qu'ils entrent dans un camp militaire à Kati, au Mali, le 22 juillet 2022. 
Des soldats maliens sont acclamés par la population alors qu'ils entrent dans un camp militaire à Kati, au Mali, le 22 juillet 2022. 
Moustapha Diallo (AP)

Selon un communiqué du gouvernement, les autorités de transition maliennes sont tombées d’accord avec des groupes armés pour l'intégration de 26.000 ex-rebelles dans l'armée. Ces mouvements avaient, quelques années auparavant, ratifié un accord pour la paix dans le nord du pays. Cette incorporation doit se dérouler en « deux tranches de 13.000 ex-combattants. »

L'Etat malien et les groupes armés ont décidé de "l'intégration de 26.000 ex-combattants" dans l'armée, apprend un communiqué du gouvernement, daté du vendredi 5 août.

Une décision qui intervient à l'issue d'une réunion tenue à Bamako toute la semaine en présence du premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, de représentants des groupes armés et de l'Algérie.

Cette intégration doit se faire "en deux tranches de 13.000 (ex-combattants) dont la première est répartie selon le quota ayant fait l'objet d'un consensus entre les deux parties", présente le communiqué sans plus de détail. La date du début de l'opération n’a pas été dévoilée.

La seconde tranche va s'étaler "sur une période de deux ans, notamment 2023-2024."

(Re)voir : Mali : entre les groupes du nord et les nouvelles autorités, où en est l'accord de paix ?

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Création d’une "commission ad hoc"

En outre, les parties conviennent de la "création et l'opérationnalisation d'une commission ad hoc" chargée notamment de formuler des propositions "pour la gestion au cas par cas des hauts cadres civils et militaires des mouvements signataires", pour leur intégration dans "la chaîne de commandement". Cette commission doit être mise en place "dans le meilleur délai."

Almou Ag Mohamed, un porte-parole de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), l'ex-rébellion à dominante touareg, a confirmé que son mouvement avait "accepté l'offre de gouvernement" pour mettre en place cette commission et "parler du problème de la chaîne de commandement" au sein de la future armée nationale reconstituée.

"La question concerne évidemment nos gradés. Quelle sera leur place dans la prochaine armée. Tant que ce problème ne sera pas réglé, on ne pourra pas parler d'avancées significatives", a déclaré vendredi à l'AFP Almou Ag Mohamed.

Appel du pied de l’Algérie

La mise en œuvre de l'accord de paix, dit d'Alger, avec ses dispositions pour l'intégration des ex-combattants, ainsi que le redressement de l'autorité de l'Etat, sont considérés comme des composantes politiques indispensables à une sortie de crise au Mali.

Signé en 2015 par le gouvernement malien et des groupes d'ex-rebelles du nord du pays à dominante touareg, il prévoit un processus de cantonnement des combattants des mouvements signataires en vue de leur intégration à la fonction publique, y compris au sein de forces armées, ou de leur "désarmement, démobilisation et réinsertion" (DDR) dans la vie civile. 

Cette intégration doit aboutir à une armée nationale restructurée, plus représentative des populations du Nord en particulier. 

Celle-ci doit ensuite se redéployer progressivement dans les principales villes du Nord sous la forme de bataillons mixtes composés à ratio égal des forces armées maliennes, des combattants de l'ex-rébellion et des groupes armés pro-gouvernement.

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a appelé, le 31 juillet dernier, la junte au pouvoir au Mali à appliquer l'accord d'Alger et à retourner à la légalité "dans les meilleurs délais", en allant vers des élections.

Les colonels au pouvoir au Mali ont cédé, début juillet 2022, aux exigences des Etats ouest-africains pour un retour au pouvoir des civils. Ils ont publié une nouvelle loi électorale et un calendrier incluant une élection présidentielle en février 2024.

(Re)voir : Mali : la junte propose une présidentielle en février 2024

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