Afrique

Mali : la junte confirme avoir fait du colonel Assimi Goïta, le chef de l’Etat

Le colonel Assimi Goïta, déclaré chef du Comité national pour le salut du peuple,ici lors de la rencontre avec une délégation de la Cédéao, à Bamako, le 22 août, a été fait chef de l'Etat, a annoncé la junte militaire. 
Le colonel Assimi Goïta, déclaré chef du Comité national pour le salut du peuple,ici lors de la rencontre avec une délégation de la Cédéao, à Bamako, le 22 août, a été fait chef de l'Etat, a annoncé la junte militaire. 
Associated Press

La junte qui a pris le pouvoir au Mali la semaine dernière a annoncé, samedi, le report de la première concertation sur le transfert des pouvoirs. Elle a par ailleurs confirmé avoir fait de son chef, le colonel Assimi Goïta, le chef de l'Etat.

Le colonel Assimi Goïta, chef de la junte militaire qui a pris le pouvoir et poussé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) à la démission la semaine passée, a été fait chef de l’Etat par les putschistes, ont annoncé, samedi, ces derniers. 

La publication discrète, jeudi, au Journal officiel malien d'un "acte fondamental" en ce sens, ayant valeur constitutionnelle selon ses rédacteurs, avait suscité la perplexité.

Les colonels au pouvoir n'avaient fait aucune publicité à cet "acte fondamental" avant ou après sa publication et n'avaient pas répondu publiquement aux questions de la presse qui leur demandait s'ils en étaient bien les auteurs.

La perplexité était augmentée par le timing de la publication, à la veille d'un sommet de la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao), qui s’est tenu vendredi. Par la voix de Mahamadou Issoufou, le président nigérien également à la tête de la Cédéao, elle a sommé les militaires de remettre rapidement le pouvoir entre les mains des civils. 

(Re)voir : Ismaël Wagué, porte-parole de la junte militaire au Mali : "Nous ne sommes pas dans l’architecture d’un coup d’État"​
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"Garant de l’indépendance nationale"

Le porte-parole de la junte, le colonel Ismaël Wagué, a confirmé, jeudi soir, que les militaires assumaient la paternité de cet acte. Il a invoqué l'actuel vide institutionnel en l'absence de gouvernement et d'Assemblée nationale.

"Pour assurer la continuité de l'Etat, il faut qu'il y ait un chef d'Etat. Cet acte permet de prendre le président du Conseil national comme le chef d'Etat (ce) qui lui permet d'assurer la continuité de l'Etat et préparer la transition", a-t-il déclaré à la télévision nationale.

Il fait référence au Comité national pour le salut du peuple (CNSP), que les militaires ont institué et dont l'acte fondamental est censé fonder juridiquement la création. Le CNSP, dont le chef de la junte est le président, doit "assurer la continuité de l'Etat en attendant la mise en place des organes de transition", précise l'acte.

Celui-ci dispose, en outre, que le président du CNSP "assure les fonctions de chef de l'Etat". Il "incarne l'unité nationale", est "garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire" et du respect des accords internationaux. Il nomme les responsables civils et militaires de haut rang, "signe les ordonnances et décrets adoptés" du CNSP et accrédite les ambassadeurs étrangers.

Il peut être investi de "pouvoirs exceptionnels" quand les institutions, l'intégrité du territoire ou l'exécution des engagements internationaux "sont menacés d'une manière grave et immédiate".