Afrique

Mali : la Minusma de nouveau endeuillée, quatre Casques bleus tchadiens tués

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Illustration, Gao (Mali).
 
AP Photo/Jerome Delay.

Quatre Casques bleus tchadiens ont été tués vendredi 2 avril au Mali dans une attaque djihadiste contre un camp de la Minusma, la mission de l'ONU, à Aguelhok, dans la région de Kidal. Attaque condamnée "dans les termes les plus forts" par le secrétaire général de l'ONU.

L'attaque, qui porte à dix le nombre des Casques bleus tués au Mali depuis le début de l'année, a frappé à l'aube le camp de la Minusma à Aguelhok, où se trouve un contingent de soldats tchadiens, à un peu moins de 200 kilomètres de la frontière algérienne.

Le chef de l'ONU, Antonio Guterres, "présente ses sincères condoléances au Gouvernement et au peuple tchadien et offre sa profonde sympathie aux familles et proches des victimes", a indiqué son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans un communiqué faisant état de la mort de "quatre Casques bleus du contingent tchadien" et de 19 blessés.

Il a salué "le courage et la bravoure des Casques bleus qui ont vigoureusement repoussé l’attaque".

Une source onusienne a évoqué une attaque combinant notamment "des tirs de mortiers" et une tentative d'attentat suicide au moyen d'un véhicule "qui a été maîtrisée".

Une vingtaine d'assaillants ont été neutralisés (tués) sur une centaine impliqués. Les combats ont duré trois heures. 

Source onusienne sous le couvert de l'anonymat.

La Minusma a dénoncé une "ignoble attaque terroriste", assurant que celle-ci "n'entamera en rien sa détermination".

Une riposte à la hauteur de l'aggression

Lundi 5 avril, le représentant de l'ONU a annoncé qu'un lieutenant du chef djihadiste malien Iyad Ag Ghaly et plus de quarante assaillants ont été tués.

"Incontestablement, les Casques bleus ont fait subir un important revers aux terroristes, même si nous déplorons la mort de quatre" membres des forces onusiennes, a déclaré à l'AFP Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Mali et chef de la Minusma.

Au cours de ratissages effectués dimanche 4 et lundi 5 avril, les Casques bleus ont retrouvé de nouveaux cadavres. "On compte à ce jour plus de quarante terroristes tués, dont un bras droit de Iyad Ag Ghaly, du nom d'Abdallaye Ag Albaka", a rapporté M. Annadif.

Iyad Ag Ghaly dirige le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), alliance affiliée à Al-Qaïda et l'un des principaux acteurs djihadistes au Mali et au Sahel.

Abdallaye Ag Albaka, ancien maire de la ville de Tessalit, passait pour très proche de longue date d'Iyad Ag Ghaly et investi d'un rôle militaire éminent dans le nord. Un responsable sécuritaire onusien, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat compte tenu de la sensibilité de telles informations, l'a placé au troisième rang de la hiérarchie du Jnim.

De plus, quatre djihadistes ont été capturés et remis aux forces maliennes.

La mission de l'ONU qui subit le plus de pertes 

Cinq Casques bleus, dont quatre Ivoiriens, ont été tués en janvier au Mali par des engins explosifs improvisés, et un des vingt-huit Togolais blessés en février dans une attaque contre leur camp a succombé à ses blessures.

La Minusma, déployée au Mali depuis 2013 (15.000 hommes et femmes, dont environ 12.000 militaires), est actuellement la mission de paix des Nations unies qui a subi le plus de pertes au monde, avec plus de 140 tués dans des actes hostiles, selon les statistiques de l'ONU.

Deux soldats maliens ont par ailleurs été tués et "une dizaine" blessés dans une attaque commise également vendredi matin par des djihadistes présumés à Diafarabé (centre), à 350 kilomètres au nord-est de Bamako, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Un jeune homme de la localité, Youssouf Aya, a déclaré à l'AFP avoir vu "passer un cortège de motos avec des hommes armés" en direction du poste militaire, puis avoir "entendu des coups de feu". Selon lui, les assaillants ont "occupé un moment" le poste militaire avant de repartir le long du fleuve Niger.

La question de l'enquête de l'ONU sur une frappe de la force Barkhane

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une femme est décédée et un enfant a été légèrement blessé en marge d'une opération menée dans la région de Tessalit (nord-est) par les militaires de l'opération française Barkhane, au cours de laquelle un djihadiste présumé a été tué et deux autres capturés, a annoncé vendredi l'état-major français.

En visite jeudi 1 er avril à Bamako, la ministre française des Armées, Florence Parly, a de nouveau réfuté que la France ait commis la moindre bavure au Mali et a émis "de nombreuses réserves" sur une enquête des Nations unies selon laquelle une frappe aérienne de Barkhane aurait tué dix-neuf civils réunis pour un mariage le 3 janvier à Bounti, dans le centre du pays.

A (re)lire 

Le Mali est en proie depuis 2012 à une poussée djihadiste partie du nord du pays, qui l'a plongé dans une crise sécuritaire et s'est étendue au centre du pays. Les violences se sont également propagées au Burkina Faso et au Niger voisins.

Les violences djihadistes, intercommunautaires ou autres ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, malgré l'intervention des forces de l'ONU, française et africaines.

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