Afrique

Mali : la Minusma va reprendre ses opérations aériennes au-dessus du pays

Véhicule de l'ONU patrouillant dans les rues de Tombouctou en septembre 2021. La Minusma a pu reprendre ses opérations aériennes, interrompues depuis une semaine, au dessus du Mali ce 20 janvier 2022.
Véhicule de l'ONU patrouillant dans les rues de Tombouctou en septembre 2021. La Minusma a pu reprendre ses opérations aériennes, interrompues depuis une semaine, au dessus du Mali ce 20 janvier 2022.
© AP Photo/Moulaye Sayah

La mission de l'ONU au Mali va reprendre ce 20 janvier ses opérations aériennes, suspendues depuis la semaine passée. Selon la Minusma, cette suspension faisait suite à une réorganisation par les autorités maliennes du processus d'approbation des vols au-dessus du territoire en conflit.

"À la faveur d’une série de discussions fructueuses avec les autorités maliennes, la Minusma reprend ses opérations aériennes", a indiqué la Minusma. Le premier vol doit avoir lieu le 21 janvier, a précisé un porte-parole à l'AFP.

L'ONU avait confirmé lundi 17 janvier que ses vols au Mali étaient suspendus depuis la fin de la semaine précédente, à l'exception des évacuations médicales. L'ONU avait invoqué l'instauration de nouvelles procédures par le gouvernement malien, dominé par les militaires arrivés au pouvoir à la faveur d'un putsch en août 2020.

Il y a deux choses: les procédures elles-mêmes, et le motif de ces procédures. Ce n'est pas à nous de nous prononcer sur le motif

Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU

Cette suspension des opérations aériennes de la Minusma, qui effectue constamment des vols entre la sous-région et le Mali, avait lieu dans un contexte de bras de fer diplomatique entre la junte d'une part et l'organisation des États ouest-africains Cédéao et une partie de la communauté internationale d'autre part.

La Cédéao a décidé le 9 janvier de fermer les frontières avec le Mali pour sanctionner l'intention de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années. La junte a pris une mesure analogue avec les États de la Cédéao en retour.

(RE)lire : Mali : des sanctions "très dures" adoptées par la Cédéao

(RE)voir : Mali : Air France interrompt ses vols vers et depuis Bamako

Chargement du lecteur...

Se pose depuis la question de la liberté de mouvement des appareils, non seulement civils mais aussi militaires, entrant ou sortant de l'espace aérien en provenance ou vers les États ouest-africains. Le problème concerne non seulement la Minusma, mais aussi la France, engagée militairement au Sahel.

L'armée allemande a indiqué ce 20 janvier qu'un de ses Airbus A400M à destination du Niger avec environ 80 militaires à bord s'était vu refuser le droit de survoler le Mali.

(RE)voir : Mali : l'Union européenne veut maintenir la force Takuba

Chargement du lecteur...

Le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric avait refusé de dire, le 18 janvier devant la presse, si les nouvelles procédures instituées par la junte pour les vols étaient liées à la fermeture des frontières et donc pouvaient être l'effet des sanctions ouest-africaines.

"Il y a deux choses: les procédures elles-mêmes, et le motif de ces procédures. Ce n'est pas à nous de nous prononcer sur le motif", avait-il précisé.

Les autorités maliennes ne se sont pas exprimées sur le sujet.

La Minusma a souligné que c'était elle qui avait suspendu ses vols "dans l'attente de la finalisation" des nouvelles modalités.

La force de l’ONU utilise ses moyens aériens pour ses opérations : transport de troupes, de personnel ou de matériel ou opérations de sécurisation au sol. Mais elle les mobilise aussi en faveur des partenaires maliens. C’est ainsi que la Minusma a évacué près de 200 soldats maliens en 2021, indiquait une lettre adressée début janvier par le secrétaire général de l'ONU au Conseil de sécurité.