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Présidentielle au Mali : la sécurisation du second tour et l'opposition qui parle de "fraude"

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Le scrutin de dimanche 13 août pour le second tour de la présidentielle malienne a été émaillé de violences et d'incidents dans certains bureaux de vote du nord et du centre du pays. Ce lundi, le candidat de l'opposition, Soumaila Cissé a rejetté à l'avance les résultats du second tour, qu'il estime entaché de fraudes. Il a appelé la population à "se lever".

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Le candidat de l'opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a rejeté dès le lendemain du second tour les futurs résultats de la présidentielle. Il a appelé le pays à se lever face à "la dictature de la fraude". Ce second scrutin s'était pourtant déroulé dans de meilleures conditions sécuritaires qu'au premier tour.

A l'entrée d'un bureau de vote de Gao, deux hommes armés et en treillis interpellent les électeurs venus voter au second tour de l'élection présidentielle malienne. "S'il n'y a pas de carte d'électeur, personne ne rentre ici", annonce l'un d'entre eux.

Sur leur brassard, l'acronyme CM-FPR, la Coordination des mouvements et Front patriotique de résistance. Toute la journée de dimanche, ces miliciens pro-Bamako ont gardé les bureaux de vote de Gao, surveillant de près les entrées et sorties des électeurs. Parmi eux, le lieutenant-colonel Haïdara a participé à la sécurisation des centre de vote. 

On a des bases un peu partout dans la région de Gao, ainsi que dans la région de Menaka, ainsi qu'à Tombouctou. (...) Je suis là sur les différents centres de vote pour voir la situation de la sécurité. Nos combattants de la plateforme sont grosso modo les CM-FPR1 et CM-FPR2 qui sont ensemble pour sécuriser avec les autres.Le Lieutenant colonel Hassey Amadou Oumar Haïdara, Membre de la Plateforme 

Les autres, ce sont les forces de l'ordre nationales maliennes, l'armée et la police déployées en masse. Pour ce second tour, les autorités ont mobilisé 36.000 militaires en tout sur le terrain, 6.000 de plus qu'au premier tour.
 
La sécurisation s'est passée de manière acceptable à notre entendement. Nous avions un objectif : faire en sorte qu'il y ait moins d'incidents au second tour qu'au premier.Ministre malien de la Sécurité publique, le général Salif Traoré

Toujours est-il, dans les régions du nord et du centre, le droit de vote n'a pu s'exercer que sous très haute sécurité... Si on a bien pu voter à Kidal ou dans la région de Mopti, de nombreux centres électoraux sont restées portes closes.

Selon les premiers chiffres officiels, sur les 23.000 bureaux de vote du pays, seuls 490 étaient fermés au 2nd tour, contre 871 au premier tour.

Une amélioration, selon le gouvernement même si le scrutin a été émaillé de violences, comme à Arkodia, au sud de Tombouctou, où le président d'un bureau de vote a été tué par balles par des jihadistes présumés, venus "interdire le vote".

Hier, au Nord, on a entendu parler qu'il y a un des chefs de centre qui a été tué au Nord. On déplore ça, vraiment. Et puis il y a des endroits, là où les gens n'ont pas pu voter au nord, ils ont pris les urnes et les ont emmenés. On déplore ça.Un habitant de Bamako
Malgré les incidents, le dépouillement a démarré dimanche soir. Mais ce lundi, le candidat de l'opposition, Soumaila Cissé a rejetté à l'avance les résultats du second tour, qu'il estime entaché de fraudes. Il a appelé la population à "se lever"...